(Que ma mort apporte l’espoir. Libertalia 2024)
(15 janvier 2026)
(15 janvier 2026)

Le cinquième soleil. Camilla Townsend. Albin Michel 2023
« … Fleur de Bouclier s’enorgueillissait de descendre des Chichimèques, ces barbares venant du nord, plus que d’être l’héritière de la culture des planteurs de maïs et des gardiens du calendrier qu’ils avaient épousés. A sa mort, elle s’écria qu’elle était une jeune guerrière. »
Les Aztèques étaient fiers de leurs origines « barbares », c’est-à-dire qu’ils considéraient leur histoire comme une suite d’enseignements dont ils ont gardé la mémoire. Ils maîtrisaient des connaissances astronomiques, mathématiques, architecturales, militaires…, dominaient d’autres peuples, mais leur passé de « sauvages » n’était pas rejeté pour autant et restait bien vivant dans leur culture. Leur conception du temps combinait des cycles avec une progression linéaire, formant une spirale (hélice) identique à la molécule d’ADN. C’est une conception de l’histoire bien différente de celle des Occidentaux qui voient plutôt la leur comme une suite de fractures et de ruptures, méprisant toutes les cultures antérieures considérées comme « archaïques » ou « arriérées ». Les armes de destruction massive à la disposition des plus riches permettent d’effacer l’existence et l’histoire de millions de personnes considérées comme des « animaux humains ». Les communistes se proposaient de « faire du passé table rase », mais le capitalisme le fait déjà très bien. La Révolution a fait de la Nation une nouvelle Mère nourricière dont les citoyens, abandonnant le culte de la Sainte Mère, sont les enfants. Les « Lumières » ont fait de la Raison une nouvelle religion, rejetant toutes les autres dans la catégorie de l’obscurantisme. Le christianisme a rejeté toutes les « croyances » anciennes dans la catégorie des hérésies. L’hellénisme a rejeté la culture celtique dans la catégorie des barbaries, sans parler de la préhistoire plus proche de l’animalité que de la « vraie » civilisation. L’Occident a adopté la conception linéaire de l’histoire issue du judéo-christianisme : elle commence par un couple de sauvages nus au milieu des animaux, sauvages également, et se termine par la société états-unienne, stade final de l’évolution.
« Dans la Bible hébraïque (…), c’est en enterrant son fils aîné sous les portes de la ville que Hiel le Béthelite commence à reconstruire Jéricho. »
On peut se demander si la coutume qui consistait à sacrifier un ou plusieurs individus pour fonder ou reconstruire une ville a vraiment été abandonnée.
(12 janvier 2026)
"Cela représente environ un garçon ou une fille tué chaque jour." Au moins 100 enfants ont été tués à Gaza depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu avec Israël en octobre, a annoncé mardi 13 janvier le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef).
Ces 60 garçons et 40 filles ont été "tués par des frappes aériennes, des frappes de drones, y compris des drones kamikazes. Ils sont tués par des tirs de chars. Ils sont tués par des balles réelles", a précisé à la presse le porte-parole de l'organisation, James Elder. Selon lui, le nombre réel de victimes est probablement plus élevé. Interrogée par l'AFP, l'armée israélienne n'a pas été en mesure de réagir dans l'immédiat. Un responsable du ministère de la Santé de la bande de Gaza, qui tient les registres des victimes, a fait état d'un chiffre plus élevé, soit 165 enfants tués depuis le cessez-le-feu, sur un total de 442 décès. "De plus, sept enfants sont morts d'hypothermie depuis le début de l'année", a déclaré à l'AFP Zaher al-Wahidi, directeur du département informatique du ministère.
James Elder a souligné que les enfants de Gaza vivaient "toujours dans la peur. Les traumatismes psychologiques restent non soignés et, plus cela dure, plus ils s'aggravent et deviennent difficiles à guérir".
(Franceinfo 13 janvier 2026)
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu avec le Hamas, Israël a démoli plus de 2 500 immeubles dans la bande de Gaza, a rapporté The New York Times le 12 janvier, s’appuyant sur l’analyse d’images satellite. (...) Selon le New York Times, “dans l’est de la bande de Gaza, au sein des territoires sous contrôle israélien, les images satellitaires révèlent que des pâtés de maisons entiers ont été effacés depuis le cessez-le-feu, ainsi que de vastes étendues agricoles et des serres”. (...) Le Hamas “a dénoncé les démolitions de ce type, qui constituent à ses yeux une violation de l’accord de cessez-le-feu”, rapportait à la mi-décembre la chaîne qatarie Al-Jazeera, qui a aussi fait état de destructions au-delà de la ligne jaune, toujours selon des images satellitaires. (...) "l’armée de l’air cible des bâtiments qui représentent une menace pour les soldats israéliens”.
“Il ne s’agit pas de destructions sélectives, tout est visé”, déclare en revanche Shaul Arieli, ancien commandant des forces israéliennes dans la bande de Gaza, dans les années 1990.
(Courrier international 13 janvier 2026)
La préservation de la pureté culturelle de la chrétienté [à la fin du XIIIe siècle] devint de plus en plus importante en Europe, à mesure qu’elle perdait de sa pertinence ailleurs.
(Et le monde créa l’Occident. Joséphine Quinn. Seuil 2025)
Mon grand-père avait l’habitude de compter
Sur les doigts des deux mains
Les jours qui le séparaient de son retour chez lui
Mais il n’avait pas assez de doigts
Alors il a compté avec les nuages, les oiseaux, les gens
Mais l’attente était trop longue
Trente-six ans jusqu'à sa mort
Soixante-dix ans pour nous aujourd'hui (Mosad Abu Toha)
Il se tient en silence, l'adolescent du mois de mai, derrière le mur de son village ravagé
Il tente de repousser les nakbas successives qui mordent la chair, les os
(...)
Tu es un réfugié en ton for intérieur comme au dehors
Tu es un réfugié même sur ton passeport.
(...)
Ils ont volé les pioches et les haches
Ils ont volé jusqu'à mes vêtements intimes
(...)
Toi qui sais que chaque œil de Palestine
Est un possible canon de fusil
Que toute douleur est guillotine
L'horizon est à Jaffa et Gaza se rapproche. (Fatima Mahmoud Ahmad)
(Que ma mort apporte l’espoir. Libertalia 2024)
[Les prédicateurs] finissent toujours par insulter l’assemblée et par promettre aux fidèles qu’ils iront brûler en enfer. (…) Et à la sortie, tous sont démoralisés. Vous ne pouvez plus penser à rien d’autre qu’au moment où vous irez brûler au feu éternel. On en vient naturellement à regretter d’être venu au monde.
(Un village anatolien. Mahmout Makal. Plon 1963)
… le fameux précepte de l’Évangile : « Si vous ne redevenez pas comme des enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux. »
(La pensée des contes.François Flahault. Economica 2001)
… la guerre impitoyable livrée par Israël à la bande de Gaza et aux Palestiniens remonte bien plus loin que l’actualité immédiate. (…) l’histoire n’a pas commencé le 7 octobre 2023, comme certains médias occidentaux voudraient le faire croire, (…) la bande de Gaza prisonnière du blocus subit depuis 2007 une guerre intermittente sans merci, alors que la majorité de ses habitants sont eux-mêmes des réfugiés de la « Nakba » de 1948.
(Que ma mort apporte l’espoir. Libertalia 2024)
… il n’est pas inutile de rappeler les deux axes de la pensée religieuse des Japonais : le premier, c’est l’idée d’une identité foncière entre la divinité des montagnes et celle des rizières, et la deuxième, celle qui identifie yama no kami alias ta no kami aux esprits des ancêtres qui, dûment accueillis et entretenus (…) veilleront sur le bien-être de leurs proches habitant la plaine. (…) Pour descendre dans la plaine, ils prennent comme support matériel les fleurs…
(La sieste sous l’aile du cormoran. H.O. Rotermund. L’harmattan 1998)

Le fait de donner à un lieu le nom d’un arbre ou d’une plante est peut-être issu du paganisme germanique où arbres et végétaux faisaient l’objet d’un culte très important lié aux divinités vanes...
(Nos ancêtres les Francs ? Patrick Ettighoffer. L’Harmattan 2025)
L’étrange, en définitive, est que cette intrusion constante de l’irrationnel (…) dans le temps et l’Histoire ait toujours su se concilier avec le besoin et la nécessité du rationnel. En chaque Grec, ces deux mondes n’ont cessé de coexister sans que jamais il se sente ni déchiré ni écrasé par l’un des deux puisque, derrière l’arbitraire et l’énigme du monde, il inventa les signes qui leur donnèrent un sens.
(L’été grec. Jacques Lacarrière. Plon 1975)
… le mort égyptien n’appartient pas au néant (…). Le défunt devient (…) un agrégat d’aspects juxtaposés (…) dont il faut absolument préserver l’association. (…) Le corps tout d’abord, qui tient lieu d’image du défunt. (…) Mais un corps et un nom tout seuls ne sauraient bouger outre-tombe. Il faut pour cela de la force : c’est le ka (…). On le personnifie parfois sous la forme d’un homme figuré à côté de l’homme lui-même, ce qui l’a fait qualifier de « double » du défunt par les anciens égyptologues.
(Le monde par les Hiéroglyphes. Christophe Barbotin. PUF 2025)

… l’Edda Poétique, rédigée en vieux norrois (IXe – XIIe siècles) nomme la résidence de la déesse Frigg (épouse d’Odin/Wodan) probablement héritière de la Grande Déesse de la fertilité-fécondité du néolithique, Fensalit, c’est-à-dire « la salle des marécages ».
(Nos ancêtres les Francs ? Patrick Ettighoffer. L’Harmattan 2025)

Rien n’est plus dangereux qu’un esprit errant ! Pour communiquer avec les morts, on pouvait leur écrire de véritables lettres sur des supports variés (bol, jarre, tissu, stèle, statuette, papyrus) afin de les faire se tenir tranquilles ou au contraire pour qu’ils défendent mieux les survivants de leur maisonnée.
(Le monde par les Hiéroglyphes. Christophe Barbotin. PUF 2025)
… le Capitole était dédié à trois dieux romains nommés Jupiter, Junon et Minerve, basés sur la triade étrurienne traditionnelle de Tinia, Uni et et leur fille Menrva. Cette configuration est très différente des individus et des couples vénérés dans les cités grecques et d’Asie occidentale.
(Et le monde créa l’Occident. Joséphine Quinn. Seuil 2025)

… [les hiéroglyphes] étaient de nature divine, le dieu en question étant Thot, ibis ou babouin lié à la lune, responsable du comput du temps et patron de tous les scribes.
(Le monde par les Hiéroglyphes. Christophe Barbotin. PUF 2025)
« … il tira une flèche, un roseau joliment peint et merveilleusement ouvragé, au centre duquel était inséré un jade précieux – très précieux et chatoyant. Et la flèche tomba au milieu de la cour où la jeune Perle de Fleur était confinée. » La jeune fille s’en émerveilla et la ramassa. Sensible au pouvoir de la pierre et mue par un étrange désir pour elle, elle le porta soudainement à sa bouche. La jeune femme, comme envoûtée, avala accidentellement la précieuse gemme et -à l’instar de tant de filles dans maintes histoires anciennes amérindiennes – conçut un enfant.
… dans la tradition des contes méso-américains, les moments cruciaux de transition ont souvent lieu dans des cavernes, d’où une nouvelle forme ou force émergeait de l’obscurité.
(Le cinquième soleil. Camilla Townsend. Albin Michel 2023)
Le ciel et la terre sont le père et la mère de tous les êtres. Par leur union, ils forment le corps ; par leur séparation, on retourne à l’origine. Ainsi, qui garde l’intégrité de son corps et de son âme sait s’adapter à toute circonstance changeante.
(Oeuvre complète. Tchouang-tseu. Gallimard 1969)
Les Égyptiens distinguaient « l’existant » du « non-existant », en quoi il faut comprendre ce qui est créé par rapport à ce qui ne l’est pas ou ne l’est pas encore (…) l’empire du dieu s’arrête en fait aux bornes de sa création. Celle-ci demeure entourée, et menacée, par l’élément inerte, le Noun. C’est l’encerclement de la création par l’incréé qu’on représente à partir du règne de Toutânkhamon sous forme d’un serpent qui se mord la queue (…). Isolé par le serpent se trouve le soleil, le créateur qui s’est créé lui-même à partir de sa propre création. De même, lors de son périple souterrain pendant les douze heures de la nuit, le dieu-soleil est constamment menacé par le serpent Apophis.
(Le monde par les Hiéroglyphes. Christophe Barbotin. PUF 2025)
L'aire sacrificielle est hors du temps et de l'espace ou, plutôt, elle est - d'indicible façon - le Ciel des Dieux et l'éternité.
(Mythes et légendes extrait des Brâhmanas. Jean Varenne. Gallimard 1967)
… la houe (…) servait à retourner la terre et briser les mottes (…). Elle est faite de deux pièces de bois : un manche (...) [et] une lame de bois en forme de spatule destinée à s’enfoncer dans le sol. (…) [Elle] fait son apparition dans le corpus des signes hiéroglyphiques sous le phonème mr, qui signifie « aimer » ou « souhaiter », (…) l’objet (…) ne fut pas exclusivement employé dans le domaine agricole. Il était utilisé pour creuser des canaux d’irrigation, des tranchées de fondation ou malaxer le limon pour fabriquer des briques. (…) le sillon qu’elle tire du sol détruit la surface, ouvre la terre et y produit le chaos où germera la graine. Ainsi trouve-ton le signe (…) dans le verbe (…) détruire.
(Guide de l’Egypte prédynastique. Midant-Reynes/Tristant. Institut français d’archéologie orientale 2025)
...les archéologues danois ont mis au jour des lambeaux de vêtements datant de la fin du mésolithique (environ 6000/5000 avant J.-C.). (…) la technique employée était très proche de celle utilisée pour la construction de huttes (…) pour ce qui était du cloisonnement l’on faisait encore appel à l’entrelacement d’osier ou de roseaux. Quant aux clôtures, elles étaient constituées de pieux entrelacés de brindilles (...) le verbe issu du vieux francique occidental « bastjan » [de « basta » : fil de chanvre] serait devenu synonyme de « fortifier » (…) et surtout il aurait pris le sens de « construire, édifier » [bâtir].
D’ailleurs les couturiers/ières ne parlent-ils/elles pas de « bâti » lorsqu’ils veulent désigner l’ébauche d’un vêtement…
… la broderie germanique remonte au moins au premier âge du fer si ce n’est à l’âge du bronze nordique. Cette forme d’artisanat était, comme tout ce qui touche à la couture, réservé aux femmes.
(Nos ancêtres les Francs ? Patrick Ettighoffer. L’Harmattan 2025)

Mais maman, on n’est plus en 1950 ! On ne prend plus le train quand on veut, pour aller où on veut ! (anonyme)
… qui est incapable de perpétrer la série de violences sur des proches que supposent l’installation, la succession et le mariage d’un chef d’entreprise familiale est, a fortiori, disqualifié pour assumer l’agressivité envers des étrangers, des non-parents -bref, des partenaires économiques – que nécessite la fonction d’entrepreneur.
(Désorceler. Favret-Saada. Gallimard 2024)
… dans le Bocage des années 1970, rien n’était jamais dit d’un quelconque processus d’initiation attestant publiquement qu’une transmission de savoirs et de pouvoirs symboliques avait eu lieu : voilà qui constitue une différence fondamentale avec les sorcelleries africaines, par exemple, pour lesquelles l’initiation se fait dans une maison construite à cet effet, où elle est mise en œuvre pour un groupe entier d’initiants, et sous le regard de tous les initiés du village.
… le sorcier ne serait jamais comblé, il éprouverait une avidité illimitée pour les biens d’autrui, même s’il n’en a nul besoin : il vit dans un monde où il n’y a pas de place pour deux.
(Désorceler. Favret-Saada. Gallimard 2024)
… l’agriculture à plein temps eut des effets considérables. Ceux qui s’y consacrèrent durent abandonner le mode de vie nomade. Ils purent alors construire de grands bâtiments et fabriquer des objets lourds ; ils expérimentèrent la forge à métaux, le tour de potier et le métier à tisser. Ils apprirent à stocker les aliments et leur population augmenta. (…) En bref, le mode de vie sédentaire des agriculteurs à plein temps finit par donner naissance à des civilisations plus puissantes.
(Le cinquième soleil. Camilla Townsend. Albin Michel 2023)
Franceinfo révèle, mercredi 14 janvier 2026, le contenu d'un document rédigé par un observateur d'un grand pays européen, qui a passé de longues semaines sur place dans les locaux de ce centre de commandement. Cet observateur alerte son autorité sur les risques d'un engagement prolongé aux côtés des États-Unis et d'Israël, à quelques jours de la désignation des membres du très attendu "Board of Peace", le Conseil de la paix présidé par Donald Trump pour administrer la bande de Gaza avec l'appui de l'ONU. Le document est un sérieux avertissement pour la France, notamment, qui est engagée, comme l'ensemble des pays européens, dans un processus dont elle ne maîtrise pas grand-chose. Selon l'auteur de ce rapport, les constats sont alarmants. Il y a d'abord mensonge sur la nature même du centre de commandement. Il est présenté entre autres comme un outil pour faciliter la délivrance de l'aide humanitaire. C'est, selon lui, un centre de planification militaire qui n'améliore pas la situation des Palestiniens. L'auteur du document parle notamment de mise en scène du volume de camions acheminés à Gaza, le secteur privé étant largement favorisé par rapport aux organisations humanitaires.
Ce qui ne permet évidemment pas de répondre aux besoins essentiels.
Sur les marchés de Gaza, on trouve, par exemple aujourd'hui, des chips vendues très cher, mais le lait infantile reste inaccessible pour une grande partie de la population. Plus grave, il y a, selon l'auteur, un risque réel d'assister à de nouveaux déplacements de forces de la zone administrée par le Hamas vers celle occupée par l'armée israélienne. Il appelle donc ses autorités de tutelle à la plus grande vigilance, au risque, dit-il, de devenir complice d'actes graves et contraires aux droits.
(Carol Sandevoir. Franceinfo 14 janvier 2026)
Le pas franchi par la pensée grecque du muthos au logos, du récit à la pensée rationnelle et conceptuelle a constitué (…) une extraordinaire avancée.
(La pensée des contes.François Flahault. Economica 2001)

… l’État français, depuis des siècles, avait fait une chasse opiniâtre aux différences culturelles en tout genre.
… une ontologie naturaliste (…) récuse l’hypothèse d’êtres humains dotés d’une « force anormale » susceptible de frapper d’autres humains. Elle est promue par l’État français, dans son système juridique comme dans ses institutions du savoir – l’École, la Médecine, la Science -, mais elle fait autorité au point que l’Église catholique elle aussi condamne la sorcellerie au nom de la même ontologie.
… [les ensorcelés] allaient à l’école publique puis au lycée, ils savaient manier les relations de causalité, ils regardaient la télévision tous les soirs en riant au spectacle de Ma sorcière bien-aimée – bref, ils étaient des Français ordinaires qui participaient sans le savoir (…) à la culture nationale.
(Désorceler. Favret-Saada. Gallimard 2024)
Les tombes et les offrandes faites au mort rendent visibles à l’archéologie ce moment où l’homme, prenant conscience de sa finitude, s’est démarqué radicalement du monde animal. Les plus anciennes inhumations attestées à ce jour proviennent de la grotte de Qafzeh, en Israël, et remontent à environ 100000 ans.
(Guide de l’Egypte prédynastique. Midant-Reynes/Tristant. Institut français d’archéologie orientale 2025)

Dès le milieu du [IVe] millénaire, l’élite de la société s’est lancée dans la standardisation. (…) Les premiers mots de la langue écrite sont palatiaux. Ils relèvent de la légitimation du pouvoir royal et de l’organisation administrative du territoire. Le pouvoir, comme le souligne Alain Anselin, est « maître de paroles et maître des signes, il contrôle l’image, la mise en image des mots, la production des messages ».
L’écrit fut également le moyen pour la monarchie de s’approprier le temps. (…) Chaque année est marquée par un évènement particulier, généralement violent, dans le motif répété de « frapper l’ennemi ».
(Guide de l’Egypte prédynastique. Midant-Reynes/Tristant. Institut français d’archéologie orientale 2025)
On est en droit de penser que les croyances anciennes au Japon englobaient les deux visions du monde que Motoori Norinaga avait soulignées, a) une sorte de déification des forces et phénomènes de la nature, aboutissant à une vénération de la nature, et b) une attitude animistique qui reconnaît derrière tout phénomène l’existence de potentiels spirituels agissant. (…) [Des] forces génératrices résidant dans divers phénomènes de la nature, étant foncièrement cette nature, on retiendrait aussi le terme kuni-dama [esprit du sol]. Ce genre de « force » et de « principe » vital, actif, divin, anime la nature tout entière, comme l’atteste les textes : « Arbres et plantes, touts, sans exception, parlaient » (Nihongi).
(La sieste sous l’aile du cormoran. H.O. Rotermund. L’harmattan 1998)
(…) le crocodile est entré dans le bestiaire égyptien avec une image ambivalente, entre détestation et respect. (…) Mourir englouti, emporté sous ses crocs n’était pas pour tous un malheur, car le crocodile, gardien du fleuve, relevait pour certains de la divinité et fut porté au panthéon des dieux d’Égypte.
(Guide de l’Egypte prédynastique. Midant-Reynes/Tristant. Institut français d’archéologie orientale 2025)
(…) le sujet de la connaissance rationnelle tend à projeter son reflet dans son objet, à se représenter l’homme à son image. Et ce n’est certainement pas en qualifiant d’« affectif », d’« émotionnel » ou d’« irrationnel » le versant de l’être humain qui lui échappe que le sujet de la connaissance combat efficacement sa propre méconnaissance. (…) Les contes, précisément à cause de leur paganisme (…), échappent pour une bonne part au cadre de la pensée occidentale.
(La pensée des contes.François Flahault. Economica 2001)
… Fleur de Bouclier s’enorgueillissait de descendre des Chichimèques, ces barbares venant du nord, plus que d’être l’héritière de la culture des planteurs de maïs et des gardiens du calendrier qu’ils avaient épousés. A sa mort, elle s’écria qu’elle était une jeune guerrière. L’histoire qu’on lui avait enseignée (…) était centrée sur les émigrants, et non sur ceux qui avaient occupé la vallée avant leur arrivée.
(Le cinquième soleil. Camilla Townsend. Albin Michel 2023)
Mon travail montre que les locuteurs du Bocage se disant ensorcelés ou désorceleurs se comportent en véritables athlètes de la traduction « culturelle », passant constamment d’une ontologie à son antagoniste.
(Désorceler. Favret-Saada. Gallimard 2024)

… la terreur qui emplissait tout un chacun à l’idée de présenter des pièces musicales devant le souverain, car un interprète incompétent risquait d’être châtié.
(Le cinquième soleil. Camilla Townsend. Albin Michel 2023)
Mise à jour le 2 janvier 2026
| moi | eux/elles |
| dominateurs(trices) | |
| référent | Mais vous vous rendez pas compte comme c’est violent ç’que vous faites ! |
| élèves/enfants/exécutants | |
| camarade/ami | C’est déjà fini l’toubib ? |
| commentateur | Alors, heureux d’aller se promener, avec le porte-monnaie ? |
| maître(sse) | C’est pas loin, allez ! Essaie d’nous doubler ! Vous avez mangé ? Vous voulez que j’appelle la police ? Je vous demande de vous en aller s’il-vous-plaît. |
| protecteur | C’était pas la peine de r’passer. |
| référent | Vous allez pas vite ! Non j’rigole. |
| malades | |
| référent | Qu’est-ce que vous avez tous aujourd’hui ? |
| occupés | |
| inquisiteur | Vous allez où ? Vous allez où en fait ? |
| victimes | |
| référent | Mais vous, bosser dans des conditions comme ça, non. |
Mise à jour le 2 janvier 2026
| moi | eux/elles |
| ascètes/monades | |
| commentateur | Ils se suffisent à eux-mêmes. |
| bon(ne)s paroissien(ne)s | |
| référent | Mais ê’z’ont des maris. |
| camarade/ami | |
| camarade/ami | Et Sophie, comment ê’ va s’habiller ? |
| dominateurs | |
| commentateur | Ils sont en train de grignoter des parts de marché |
| victime | Dépêchez-vous, l’autre là, elle bouge pas son gros c--, cette pu--, vite, il faut pas qu’ils l’emmènent en prison, je suis crevée, je sais même pas si je vais réussir à parler ! |
| élèves/enfants/exécutants | |
| commentateur | C’est la guerre (rires) |
| élève/enfant/exécutant | Allez Marseille ! |
| protecteur | Tes sœurs, i’faut qu’tu les surveilles ? |
| référent | Ils le savaient à l’embauche, tu peux faire des journées de 7 heures comme des journées de 10 heures. Y a rien eu… A part les embouteillages et les gens qui sont incapables… Moi, j’appelle les mômes mioches ou têtes de pioche. |
| étranges/étrangers/différents/autres | |
| référent | Ca y est, c’est parti, un jour sans les autres ! |
| victime | J’étais partie avec Sonia et pi y a des mecs qui sont arrivés. |
| inadaptés | |
| référent | Elle est pas bien futée la pauvre, c’est l’moins qu’on puisse dire. Et son abruti d’mari… |
| maîtres | |
| victime | je suis allergique au talc. Ils en mettent dans les gants. C’est pour ça qu’avec les boissons, i’ font ç’qu’i’ veulent. |
| malades | |
| référent | Les mecs, c’est des chauds lapins. Ben alors, pi quoi encore ? |
| occupés | |
| commentateur | Quand y z’arrivent, y font leurs trucs, après y s’y mettent. |
| référents | |
| inadapté | Ça m’casse les cou-----, j’en ai plein l’c-- de ç’te ville. |
| victimes | |
| référent | Maintenant on utilise les gens. C’était moins cher avant. On vole les gens, on ne sait pas où va l’argent. |
Mise à jour le 2 janvier 2026
| moi | lui/elle |
| animal | |
| bon paroissien | Il a toujours des croquettes à disposition |
| enfant | Oiseaux ! - un crocodile |
| ascète/monade | |
| victime | Il a dépensé tout l’argent du grand-père. |
| camarade | |
| camarade/ami | Tu t’es réconciliée avec elle. Elle s’est mariée dans l’année. Mon pote, il a 40 ans, c’est pareil. Khaled, il est pas v’nu. |
| dominateur | |
| protecteur | Attention je jouerais pas avec les nerfs de Serge ! C’est un dur ! |
| enfant/exécutant | |
| commentateur | Ben tu sais, il est comme ça, Jean-Marc, i’ faut qu’i’ fasse ses 1500 pas par jour ! Il a tapé le chien avec le bâton ! |
| protecteur | Il s’est perdu. Je n’ai pas le numéro. |
| référent | Je ne sais pas comment il vit. Y fermait le jeudi après-midi. C’est celui qui fait le ménage. |
| victime | Avec elle, je rame, elle pleure tout le temps. Mon fils, i’ va m’voir arriver, i’ va dire : « Qu’est-ce que t’as fait ? » J’vais lui dire : « Chuis tombée. » J’peux pus lui mentir, ça m’fait ch---. |
| étrange/étranger/différent/autre | |
| référent | J’dis ça parç’que c’est une meuf. Il marche sur des œufs. … j’ai pas envie d’m’y mettre, c’est compliqué, c’est son point d’vue à lui… C’est l’genre de mec qui… Et ta sœur, c’est la SNCF ? Ta cousine, c’est l’TGV ! |
| témoin | C’est lui ! Ah oui ! Put--- j’le vois ! |
| victime | I’s’fout d’ma gu---- ! I’ sait pas sur qui il est tombé. J’vais pas le lâcher. J’ui ai dit : « Tu touches pas à mes affaires ! » (3x) I’ m’a pris deux billets de 500. J’ai pas envie d’attendre des heures au commissariat pour une main courante. J’vais lui casser les dents. J’vais l’ni----. Il vit par ici, lui, maintenant ? C’est un All’mand, il est pas comme les autres. |
| inadapté | |
| inquisiteur | Y a rien qui retient et en plus elle tortille du c-- |
| référent | Il a pas l’habitude. Elle a pas passé la raclette ! (plusieurs fois) Elle a choisi une église à perpette les andouillettes Elle est insupportable. J’ui ai dit : J’veux bien appuyer ta demande, mais t’es sérieux ! Ben c’est pas habituel. Je vais lui dire gentiment ç’que j’en pense. Bon, allez ! J’te laisse. J’vais r’joindre mon tortionnaire (rires). Put---, ç’ui là faudrait r’faire le code (rires). |
| victime | ‘l’était pas obligé d’le dire à voix haute. |
| maître | |
| élève/enfant/exécutant | C’est le juge qui décide. Le prof, avant il était genre coach pour les petits… Mon père, il a créé la SNCF ! |
| référent | le patron, c’est un sal---. |
| occupé | |
| commentateur | Il a dit qu’il va aller chez Marie-Claire. |
| ascète/monade | Ben i’m dit : « Moi j’finis à 2 heures du matin. » Mais moi j’m’en f---. |
| référent | |
| élève/enfant/exécutant | J’espère que ça va lui faire plaisir, à ma mère. J’ai pensé à lui faire un cadeau. Et Marie, ê sait où on va ? |
| inquisiteur/trice | Lui, il est pas gay. |
| soignant | |
| malade | J’ai demandé une autre sage-femme. |
| victime | |
| dominateur/trice | Je lui ai piétiné. Ma mère l’a lavé. |
| témoin | Il n’y a rien à voir du tout, il en a pris plein la gu----. |
Mise à jour le 2 janvier 2026
| Je suis un ascète, une monade coupée des autres | |
| autonome | Non maman ! |
| illuminé | Si je le fais, ce sera pour l’amour de dieu, pas pour un homme. |
| infatué | Je sais que j’ai raison de pas dire oui. Je suis fier de ce que j’ai fait. J’ai toujours préféré galérer seule, mais toute seule, plutôt que… |
| psychotique | J’avais peur de me transformer comme eux. |
| Je commente ce que je fais | |
| capable | Moi je tiens l’alcool. J’ai pris un imperméable, il va pleuvoir ce matin. Moi, j’étais partie (2x) marcher avec le sac plein. |
| insomniaque | J’me suis réveillé à une heure du matin… |
| itinérant | Je suis allée chez (?), j’ai retrouvé (?) et ses potes, on est allé chez (?) Je vais à Aix-les-Bains par la nationale, j’en ai pour 3 heures et demi. Je vais à la manif Gaza. Je vais à la fête J’vais t’raconter mes vacances Du coup, chuis passée par là, voilà. … quand j’étais sur Nantes. |
| patient | j’attends |
| prévenant | Je vais descendre bientôt. |
| sensible | Je m’étais assis au soleil pour me réchauffer parce que je suis en short, mais il fait trop chaud. |
| Je suis délaissé | |
| enfant | Je suis monté dans le bus mais quand je suis descendu j’ai vu que mon père n’était pas là. |
| femme | Je suis la seule meuf qui n’a pas reçu de message. |
| SDF | Je suis seul, adoptez-moi ! |
| J’exécute les consignes, règles, injonctions… | |
| J’ai une activité physique | La pleine santé ! C’est le vélo ! |
| Je m’organise | Faut qu’je pense à prendre à boire |
| Je maîtrise les outils numériques | Attends, j’regarde sur Internet. J’ai regardé sur internet… la climatisation chaud-froid dans les trains… |
| Je respecte les règles hygiéniques | Il faut qu’j’me pèle. Je me suis lavée. |
| Je respecte les règles ménagères | Il faut que je fasse une lessive. J’ai fait du ménage. |
| Je respecte les règles vestimentaires | Si je mets une jupe ou une robe, je ne peux pas garder mes baskets ! Faut qu’je m’achète des collants. |
| Je suis conforme | Ben moi aussi |
| Je suis jeune | Non chuis pas un ancien ! |
| Je suis poli | Je m’excuse de vous avoir déranger pour cela, je vous remercie... |
| Je suis un bon consommateur | Chuis contente, j’ai mon mascara ! J’ai mangé ma douzaine d’huîtres. Acheter ce qui me fait plaisir. J’ui ai dit : « J’ai mangé des bonbons ! » |
| Je suis inadapté | |
| asocial | 2 minutes, put--- fait ch---, chuis pas bien, chuis pas bien. |
| étranger | Je suis de la campagne. |
| inorganisé | J’ai oublié mon argent, ça commence bien ! J’ai pas d’sac pour faire les courses, j’vais r’monter à la maison. J’dois 500 balles mais j’peux pas r’tirer sur mon comte en Suisse. |
| Je suis malade | Chui pas bien dans ma tête. |
| Je suis malade | |
| Je suis occupé par | |
| ma famille | Quand on arrive à la maison, je t’appelle. |
| mes déplacements | Je n’ai dormi que trois heures cette nuit J’vais l’em’ner chez moi. … j’ai emmené les affaires chez moi. En fait j’y vais là. Chuis jamais rentrée là. J’commence juste à charger, faut qu’je passe à la poste avant midi. |
| mon activité physique | J’ai fait un stretch. (rires) |
| mon travail | Lundi je serai dispo à partir de 11 heures. Demain je commence à 7 heures moins le quart. J’ai des heures à récupérer. |
| Je suis psy de moi-même | |
| Je connais mes besoins | Mais c’est ce dont j’ai besoin. |
| Je suis mon propre soignant | |
| Je connais le traitement qu’il me faut | J’ai mal à la tête, il me faudrait de l’ibuprofène, on va dans une pharmaç’ ? Il faut vite que je me lave les mains, je suis allergique au talc. |
| Je respecte la thérapie | Il faut que je parle à voix haute, avant, je parlais dans ma tête, ça restait bloqué, c’est pas bon. |
| Je suis témoin | |
| J’informe les autres | Une fois, j’ai vu passer un bus tout droit, je n’avais pas fait signe |
| Je suis une vedette | |
| Ma date de naissance est connue | Hier, c’était mon anniversaire, en plus, c’est tout en même temps ! |
| Mon nom est connu | Vous me connaissez ? Je suis Ahmed le Syrien, agent de la chaise. Mondial ! |
| Je suis une victime | |
| accablé | J’en pouvais plus. J’me suis fait niq--- par plein d’gens, j’y connaissais rien, moi. |
| blessé | Je suis tombée, je me suis retenue par le poignet, et j’ai une entorse du poignet. |
| J’ai souffert | Mon accouchement, j’avais 17 ans, c’était très dur. |
| Je souffre | J’ai mal au dos. |
| persécuté | J’ai fait 14 ans de prison et 14 ans d’hôpital psy, j’ai été enfermé 28 ans ! |
| traumatisé | J’ai eu du mal à m’en remettre, je dormais, il m’accrochait en haut, ma mère avait peur |
Mise à jour le 2 janvier 2026
| moi | nous |
| camarades/amis | |
| camarade/ami | On va s’faire un barbec’, vous venez ? Libérez nos camarades ! |
| dominateurs | |
| dominateur | On va b----- une boiteuse, ou une crasseuse. |
| élèves/enfants/exécutants | |
| commentateur | On est les meilleurs. On a fini de manger, on r’tourne au boulot. |
| élève/enfant/exécutant | …fallait contacter quelqu’un pour définir comment on allait communiquer. J’crois qu’on est allé trop haut. Nous sommes payés pour appliquer les consignes, monsieur. On n’est pas déjà passé dans ç’coin là ? – Chais pas, p’t-êt’ bien. |
| référent | On a été les premiers à avoir les bornes d’affichage. On a tous vécu la même période. Sinon on était obligé de creuser ici. On y va à 10 heures. |
| inadaptés | |
| référent | La maison, le boulot, les enfants, on peut pas être sur tous les fronts. On va être en r’tard pour le film. |
| malades | |
| psy | Ben oui, i’ faut bien s’faire plaisir |
| occupés | |
| commentateur | On en est au dessert. |
| maître(sse) | Tu vas avoir 18 ans en août. Il faut qu’on se fasse un resto. |
| occupé | On est allé marcher au bord et on a dormi. On a dormi. |
| référent | On ira manger là-bas. Il faut connaître. Si on rentre en train… |
| référents | |
| commentateur | Faut r’connaître, on n’est pas racistes. |
| victimes | |
| commentateur | On peut pas s’habiller court. On peut pas s’habiller sexy. Tout à l’heure, on crevait de chaud. |
Mise à jour le 2 janvier 2026
| moi | toi |
| ascète/monade | |
| camarade/ami | Je ne comprends rien à ce que tu me dis. Je te dis oui mais tu répètes exactement la même chose, je ne comprends toujours rien, mais ça doit être simple pour toi. |
| camarade/ami | |
| camarade/ami | T’as pas envie de changer d’air ? Merci pour le sourire Ben tu vois, ça fait passer le temps ! Je ne serai pas loin de toi ! Qu’est-ce que tu fais à manger ? Hé ! T’es rev’nu ? T’as repris ? Ca te fait marrer, ça ! Ca va, Jean-Mi ? J’te vois souvent sur Tik-Tok. Y sont beaux tes ch’veux ! C’est toi ! T’as 75 ans et t’es toujours dans l’truc ! Et toi, comment tu vas t’habiller ? J’ai pensé à toi. (rires) Toi tu penses que… ? |
| inquisiteur | T’as quel âge ? T’es un ancien ? Et tu vas où lundi ? Tu changes pas de jean ? |
| protecteur | Tout va bien ? |
| psy | C’est bien de se ménager un temps… |
| dominateur | |
| camarade/ami | Tu m’as dit que tu voulais aller là-bas. |
| élève/enfant/exécutant | |
| dominateur | Il faut que t’achètes des croquettes. Tu fais comme tu veux mais j’ai pas besoin de voir ton c--. Mais dégage ce sac de là, bon dieu, tu fais que des conne----, t’arrêtes pas, j’en peux plus. Appelle-le pour lui demander… Achète Télé -… Tu as de la morve ici. |
| élève/enfant/exécutant | J’ai les deux fichiers. Je voulais juste m’assurer que c’était OK pour vous. Ca roule. y’aurait pas moyen qu’tu m’fasses une copie d’écran ? Regarde, il faut continuer de tourner autour ! |
| inquisiteur | tu veux pas genre la lâcher ? A qui tu parlais ? T’es garé en bas ? Tu vas où ? Et qu’est-ce que t’as fait hier ? |
| maître(sse) | Tu vas le mettre où le vélo ? Lève-toi s’il-te-plaît C’est non. Si tu réfléchis Mets la main ! Bonjour pour le lundi, il faut dire bonjour ! C’est assez comme ça ! Tu pourrais t’changer Tu pourrais réfléchir quand même. Ben non, on n’est pas chez nous ! Ah ! Mais parle français ! Ca va pas non ? T’arrêtes ! |
| protecteur | Fais attention, roule pas comme un fou ! Viens ici, au soleil, tu seras mieux au soleil ! |
| référent | … tu vois, une offre attractive, et en plus… Tu envoies tes nouvelles coordonnées, c’est pareil, en fait. il faut faire signe au bus, sinon il passe tout droit. T’as pas le choix. Tu rentres dans la chambre et t’allumes la télé. C’est pas intéressant. Ben i’ faut qu’t’envoies un mail à la poste. |
| occupé | |
| camarade/ami | Tu as fini ? |
| référent | |
| élève/enfant/exécutant | Je vous paie en liquide aujourd’hui. Je ne sais pas si j’ai l’appoint. Vous pouvez m’expliquer ? c’est autorisé dans ce sens ? Et pour l’adresse, je mets B. ? C’est la r’prise (2x) Combien i reste ? 2 minutes Combien y a d’arrêts jusqu’à Oratoire ? |
| victime | |
| bon paroissien | Je vous ai réveillé, je m’excuse. |
| protecteur | Faut bien qu’y ait des avantages. |
Mise à jour le 2 janvier 2026
| moi | ...j’inspecte les lieux |
| commentateur | T’as vu les pneus ? Ca frotte. Là c’est plus le style. |
| ...je parle du corps | |
| bon(ne) paroissien(ne) | Ca cache les seins. |
| élève/enfant/exécutant | Tu sais, quand on met un pantalon noir… |
| maître(sse) | Ne regardez pas. |
| référent | Des chaussures jaunes, t’imagines, genre jaune poussin ! C’est malpoli ! J’imagine la scène (rires) |
| ...je parle du dominateur | |
| bon paroissien | C’est grâce à Dieu. |
| commentateur | On sait pas, la vie c’est un mystère. |
| élève/enfant/exécutant | Ben appelez la police. |
| inadapté | On va voir si la police ê’m’recherche. |
| ...je parle de l’environnement | |
| commentateur | Quel temps i va faire demain ? C’est beau. Y a des pommiers, des cerisiers… |
| référent | Ca sent mauvais C’était bien protégé et y’z’ont trouvé l’moyen d’faire une grande tranchée en plein milieu. Vous avez d’la chance, y en a une qui marche. Celle-là, ê marche pas. |
| victime | Avant y avait pas ça. Stop à l’urbanisation ! Mais ê vient d’où, ç’te mer-- ? |
| ...je parle des lieux publics | |
| camarade/ami | La lumière de l’ascenseur fonctionne de nouveau. |
| commentateur | Y en a des habits ! Des monceaux ! Y a ça aussi à Nancy. C’est un métier ! |
| élève/enfant/exécutant | Chuis arrivée, c’était marqué : rue des …, mais y a pas cette rue. Ah, c’est là ! Comment ça s’appelle maintenant ? |
| référent | Ben oui, il est grand, le musée On a une belle ville. on peut acheter des kimonos, là-bas. C’est la capitale de l’horlogerie. Le centre ville, c’est pas ouf ! Y a des toilettes là-bas. |
| victime | On voit pas la lumière. |
| ...je parle des lois, règles et consignes | |
| commentateur | Ca pourrait être moins cher. Y doit avoir un quota. I’ vont dématérialiser la carte Vitale, le problème, c’est qu’tous les méd’cins sont pas équipés. … le problème, c’est qu’c’est au mois de mars… … encore 4 minutes… Deux à trois minutes. - Mais toi t’es optimiste, moi j’dirais cinq minutes – A 13 heures 55. Chacun fait comme i’ veut. |
| élève/enfant/exécutant | Il est pas marqué ! C’était marqué sur le contrat Ben oui, c’est comme ça ! J’avais réservé… Y a un risque… Le métro, c’est la SNCF ? – Le métro, c’est pas la SNCF! Le métro, c’est la RATP ! |
| référent | C’est vrai qu’c’est pas bien marqué là-bas. C’est le terminus. C’est ouvert le lundi. C’est l’adresse qu’est marquée sur la fiche de paie, pas d’soucis. Y fallait descendre à l’autre arrêt. Par là c’est bon Mais maman, on n’est plus en 1950 ! On ne prend plus le train quand on veut, pour aller où on veut ! C’est pour les gamins C’est pas bon – Ben oui, c’est pas bon Y a un moment, faut choisir. Faut faire attention ! T’achètes un truc à deux cent mille euros, tu mets quatre-vingt mille… |
| victime | Il y a des fraudes partout. |
| ...je parle des loisirs | |
| référent | Ben mer--, c’était un film de mer--. Les festivals, après, ça sera fini C’est de la mer--. |
| ...je parle de la maison | |
| maître | J’ai pas envie de faire tourner la machine tous les deux jours. |
| référent | Ca c’est les couches. Ca s’appelle une montre à gousset. Il faut la brancher. |
| ...je parle des objets de consommation | |
| élève/enfant/exécutant | C’est l’autre en noir, là-bas. |
| ...je parle du passé | |
| référent | Je me souviens, une fois… |
| ...je parle du travail | |
| élève/enfant/exécutant | Vous avez la télécommande ? Maint’nant, chuis censé faire ç’que j’faisais avant. |
| inadapté | Y a pas un bord-- pour nettoyer ce machin, bon dieu ? J’aurais dû penser à vous vendre des timbres, ça va plus vite. Je n’ai pas pensé. |
| maître(sse) | Faut tirer ! Faut rel’ver l’défi, faut tout enfiler en deux s’maines. |
| référent | Ça va pas tenir. je crois que c’est la commande N’achetez jamais d’échelle comme celle-là. C’est lourd et ça monte pas plus haut qu’un escabeau ! Moi, j’aurais changé la porte. I’ faut mettre de l’essence… du benzine. |
(Afrique ambiguë. Georges Balandier. Plon 1957)
L’une des circonstances de la vie sociale les plus favorables à la circulation des contes était la veillée. (…) On se réunissait donc volontiers le soir, tantôt chez l’un, tantôt chez l’autre. Les femmes filaient, peignaient le chanvre, tricotaient, raccommodaient, brodaient ; les hommes tressaient des paniers, réparaient harnais ou outils, taillaient le bois ; selon la région et la saison, on écossait les haricots, triait les noix, etc. Les veillées apportaient également aux jeunes gens une occasion de se rencontrer et de se courtiser.
(La pensée des contes.François Flahault. Economica 2001)
En Chine, une académie impériale (…) existait à Chang’an depuis 124 avant notre ère, dotée d’une salle de conférences, de résidences universitaires et même d’une prison pour étudiants.
(Et le monde créa l’Occident. Joséphine Quinn. Seuil 2025)

… des mots encore très usités en français contemporain proviennent d’étymons vieux franciques occidentaux (…). Il a bien fallu que des locuteurs francs, présents en Gaule du nord dès la fin du IIIe siècle, (…) aient côtoyé de très près la population gallo-romaine.
(Nos ancêtres les Francs ? Patrick Ettighoffer. L’Harmattan 2025)
« Ils sont véridiques sans savoir ce qu’est la loyauté ; ils tiennent parole sans connaître la valeur de l’engagement. Ils s’entraident sans considérer qu’ils font des libéralités. C’est pourquoi leurs actes ne laissent pas de traces et pourquoi leur histoire n’est pas transmise à la postérité. »
(Oeuvre complète. Tchouang-tseu. Gallimard 1969)
… Fleur de Bouclier s’enorgueillissait de descendre des Chichimèques, ces barbares venant du nord, plus que d’être l’héritière de la culture des planteurs de maïs et des gardiens du calendrier qu’ils avaient épousés. A sa mort, elle s’écria qu’elle était une jeune guerrière. L’histoire qu’on lui avait enseignée (…) était centrée sur les émigrants, et non sur ceux qui avaient occupé la vallée avant leur arrivée.
(Le cinquième soleil. Camilla Townsend. Albin Michel 2023)
« Je te recommande donc dans ton propre intérêt de ne pas avoir l’air dépenaillé… tu ne favoriseras pas ainsi tes propres affaires... » (anonyme, Londres, vers l’an 50)
(Et le monde créa l’Occident. Joséphine Quinn. Seuil 2025)
Ainsi est-ce un caractère masculin secondaire, la barbe, qui répond à la nudité primaire des nombreuses statuettes féminines. Puissant marqueur visuel d’identité, la barbe (…) distingue, dès le premier tiers du IVe millénaire, un groupe d’individus mâles, qui devaient jouer au sein de la communauté, un rôle majeur et jouir d’un prestige certain.
(Guide de l’Egypte prédynastique. Midant-Reynes/Tristant. Institut français d’archéologie orientale 2025)

Il est clair, d’après les quelques sources disponibles, qu’avant la conquête il n’existait pas de catégorie de personnes exclusivement homosexuelles, au sens où on l’entend aujourd'hui. Cependant, des sources en langue nahuatl produites en dehors du cadre espagnol suggèrent que bon nombre d’hommes choisissaient d’avoir des relations sexuelles avec d’autres hommes, par exemple lors des cérémonies religieuses. Le Florentine Codex démontre qu’un certain nombre de rituels religieux se terminaient par des rapports sexuels.
(Le cinquième soleil. Camilla Townsend. Albin Michel 2023)

… la fréquence du phonème [f] (féline, raffiné, femme infernale, fléau, fait, fait faire) qui suggère l’impression du travail feutré, perfide, auquel se livrent les sorciers…
(Désorceler. Favret-Saada. Gallimard 2024)
… la mariée de la pluie déambule dans le village. (…) La mariée, c’est un homme vêtu avec les fripes d’une vieille. On la mène en laisse et elle s’arrête devant chaque porte, criant vers l’intérieur de la maison. Sa tête est couverte d’un sac. Elle tient à la main un bâton dissimulé, au bout duquel est attachée une corde.
(Un village anatolien. Mahmout Makal. Plon 1963)
Ni vierges ni mères, ni femmes ni hommes, les Vestales tombent entre les diverses catégories de la sexualité, et c’est ce statut interstitiel qui les marque comme autres, comme sacrées.
(Corps des dieux. SSLD Malamoud/Vernant. Gallimard 1986)
Cet enveloppement généralisé du « malade » par la voix de la thérapeute constitue un élément essentiel du « soin » qu’elle prodigue à ses consultants. De cela, il resterait à produire une analyse qui utilise conjointement les ressources de la musicologie et de la psychologie clinique.
… elle est pour son mari un modèle vivant du succès thérapeutique ; en se préoccupant constamment de le familiariser avec la violence indirecte, en cherchant par mille moyens à la lui faire accepter, elle finit par déjouer ses préventions et par l’entraîner dans les comportements voulus par le désorceleur.
(Désorceler. Favret-Saada. Gallimard 2024)

La majorité des gens appartenaient à la classe des macehualli, au sein de laquelle chaque homme vivait avec une seule épouse. (…) L’épouse élevait ses enfants et leur apprenait à l’aider dans les activités considérées comme essentielles. Dans un monde sans crèches, restaurants, aspirateurs ou magasins, qui aurait osé penser que la garde des enfants, la cuisine, le balayage et la confection des vêtements étaient des activités non essentielles ? Personne, semble-t-il, car les sources indigènes ne laissent aucune trace d’irrespect, ni même de misogynie voilée. Les rôles des femmes étaient complémentaires de ceux des hommes, et tout le monde l’avait compris ; car la maison, le calli à quatre murs, symbolisait l’univers.
(Le cinquième soleil. Camilla Townsend. Albin Michel 2023)
Huitzilihuitl avait le cœur empli de chagrin en voyant sa fille, dont in avait arraché les vêtements, exposée au regard de tous, et à la honte.
(Le cinquième soleil. Camilla Townsend. Albin Michel 2023)

« Que Ta majesté se rende au lac du domaine, vie, intégrité, santé. On équipera pour toi un bateau avec toutes les belles femmes de l’intimité de ton palais : le cœur de Ta Majesté se rafraîchira à les voir ramer de-ci de-là. » (Djadjaemânkh) Enchanté de cette riche idée, Snéfrou fait prendre les dispositions nécessaires : « Que l’on fasse amener vingt beautés dont le corps est beau, avec des seins et des nattes, qui n’aient pas encore été ouvertes par l’enfantement. » (papyrus Westcar)
(Le monde par les Hiéroglyphes. Christophe Barbotin. PUF 2025)

… des écrivains indigènes du XVIIe siècle décrivirent les châtiments brutaux que l’Église infligea aux hommes homosexuels.
(Le cinquième soleil. Camilla Townsend. Albin Michel 2023)