Les notes de lecture de Sylvestre

«Il est temps de trouver de nouvelles façons d’organiser notre monde commun."(Et le monde créa l’Occident. Joséphine Quinn. Seuil 2025)


Trouver de véritables informations en dehors du cirque médiatique devient difficile. Voilà un article qui aborde ce qui est sans aucun doute la motivation principale de l’impérialisme états-unien : l’appropriation des réserves énergétiques de Gaza. La vie humaine compte beaucoup moins que les milliards de dollars à se mettre dans la poche. 

https://carep-paris.org/recherche/etudes_sur_la_palestine/gaza-la-guerre-cachee-pour-les-ressources/


Contrôler le pétrole n’est pas un complot mais un projet clairement exprimé : 

« La déclaration déjà ancienne d'Henry Kissinger: "Qui contrôle le pétrole contrôle les nations, qui contrôle l'approvisionnement alimentaire contrôle les peuples", apporte l'éclairage indispensable sur un projet partagé par cette caste autoproclamée, dont le but inavoué est l'asservissement et le contrôle des foules par la dépendance, illustrée par le très fameux NSSM 200 (National Security Study Memorandum 200), ou rapport Kissinger. Répondant à une demande du président Richard Nixon et achevé le 10 décembre 1974, il a été retravaillé et adopté comme politique officielle des Etats-Unis sous la forme du NSDM 314 par le président Gerald Ford fin 1975. C'est sur ce document classifié, révélé au début des années 1990, que se sont appuyés les Etats-Unis pour asseoir davantage leur hégémonie: contrôler la population humaine, limiter le pouvoir politique des pays en voie de développement, assurer la mainmise sur les ressources naturelles étrangères, empêcher la naissance de jeunes individus hostiles à l'establishment et protéger les entreprises américaines à l'étranger de l'ingérence des nations cherchant à soutenir la croissance de leur population. » (Luc Thierry Rossi. Nexus janvier 2023)

(17 février 2026)


"La vie profonde des hommes, leur caractère, le monde intime qu’ils portent en eux, se trahissent par l’accumulation de ces détails infimes et de ces mots en l’air, auxquels normalement on n’attache aucune importance."

(L’exotique au quotidien. Georges Condominas. Plon 1965)


On veut bien êt’ gentils, mais y a des limites !


Mon ressenti:

Il semble en effet que la gentillesse soit beaucoup plus limitée que la cruauté, dans notre monde civilisé.


(13 février 2026)


Nouveautés
du 18 février 2026

DECULTURATION (Absolutisme, Couper les liens, Endoctrinement Infantilisme, Mémoires effacées)
MONOCRATIES (Un seul individu)
MOUVEMENTS (Animisme)
SAUVAGES (Communautés)


L’exotique au quotidien. Georges Condominas. Plon 1965

Ce qui reste de la tribu a été parqué d’une part dans un camp dit « de réfugiés » (…), et d’autre part dans deux camps de Special Forces construits par les Américains (…). C’est-à-dire (…) que les étrangers les ont arrachés de force à leur véritable milieu et voués au croupissement et à la déculturation…

… ceux qui ont réussi à prendre le maquis ont dû eux-mêmes abandonner leur genre de vie traditionnel centré sur l’essartage. Car les avions ont vite fait de repérer le moindre défrichement et de l’arroser de défoliants, non sans avoir auparavant mitraillé tout ce qui bouge. Ces Phii Brêe mènent l’existence de maquisards (…) dans une jungle soumise au free fire (feu à volonté) d’une batterie américaine installée au sommet de Lang Biang et à la surveillance d’avions dotés d’engins de mort ultra-perfectionnés et cruels (napalm, bombes à billes, etc.)…

Je ne [verrai la vallée] plus que d’avion : toute trace de villages, y compris Sar Luk, a disparu (…). Je rencontrerai cependant des Mnong Gar, mais ce seront des marginaux (…), des « réfugiés » qu’on a arrachés de leur terre ancestrale pour un milieu hostile où ils crèveront comme des mouches, mais « à l’abri des communistes ».

Cela ne vous rappelle rien?


(18 février 2026)

À propos
Les notes de lecture sont présentées par thèmes. Les années indiquées sont celles des éditions que j'ai lues. Les thèmes sont classés par ordre alphabétique:
Déculturation
Divinités
Liberté
Monocraties
Mort
Mots 
Mouvement 
Musique 
Sauvages
Sexes
Déculturation, décivilisation
Ce thème comporte 6 citations (les dernières que j'ai lues):
absolutisme
apartheid
couper les liens
endoctrinement
infantilisme, crétinisme
mémoires effacées


Ce qui reste de la tribu a été parqué d’une part dans un camp dit « de réfugiés » (…), et d’autre part dans deux camps de Special Forces construits par les Américains (…). C’est-à-dire (…) que les étrangers les ont arrachés de force à leur véritable milieu et voués au croupissement et à la déculturation…

… ceux qui ont réussi à prendre le maquis ont dû eux-mêmes abandonner leur genre de vie traditionnel centré sur l’essartage. Car les avions ont vite fait de repérer le moindre défrichement et de l’arroser de défoliants, non sans avoir auparavant mitraillé tout ce qui bouge. Ces Phii Brêe mènent l’existence de maquisards (…) dans une jungle soumise au free fire (feu à volonté) d’une batterie américaine installée au sommet de Lang Biang et à la surveillance d’avions dotés d’engins de mort ultra-perfectionnés et cruels (napalm, bombes à billes, etc.)…

Je ne [verrai la vallée] plus que d’avion : toute trace de villages, y compris Sar Luk, a disparu (…). Je rencontrerai cependant des Mnong Gar, mais ce seront des marginaux (…), des « réfugiés » qu’on a arrachés de leur terre ancestrale pour un milieu hostile où ils crèveront comme des mouches, mais « à l’abri des communistes ».

(L’exotique au quotidien. Georges Condominas. Plon 1965)

Illustration de ce qu’on pourrait appeler les contradictions de la situation coloniale ; me trouvant enfant au Vietnam, je n’y ai jamais entendu parler de l’histoire de ce pays, absolument comme s’il n’avait jamais existé avant l’arrivée des Français.
(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)

Pour éliminer quelques « bandes » viet-cong vivant en brousse, on déplace ou on rase les villages montagnards d’alentour. (…) Pour les Mnong, ces changements équivalent à leur condamnation à mort, à leur anéantissement. Ceux qui survivront ne seront plus que des épaves échouées sur des rivages hostiles. Je sais que le monde moderne écrase sans rémission ces cultures de faible dimension qui ignorent encore la réification. (…) ce que je me refuse à admettre, c’est le véritable ethnocide dont ils sont victimes, surtout sous la forme cruelle et violente qu’ils subissent et auquel cette guerre sert de prétexte.

(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)

… les rédemptoristes canadiens ont fait leur apparition dans la vallée ; ils ont pris très naturellement la place laissée vacante par le départ des Français. Non seulement ils parlent la même langue, mais la structure hiérarchique de l’Église catholique (…) permet de retrouver cette soumission complète marquée par une déférence totale dans le comportement qui entraîne la confiance entière de celui qui en est l’objet. (…) Le catéchisme lui offrait même l’image du chien gardien d’un troupeau qui avait retrouvé son berger.

(L’exotique au quotidien. Georges Condominas. Plon 1965)

… la comparaison avec ce qu’ils avaient été soulignait la déchéance actuelle des Mnong et le danger d’anéantissement qui pesait sur eux…

… les responsables de cette effroyable guerre ont arraché aux rares survivants jusqu’à leur identité culturelle en leur imposant un statut de mercenaire ou de mendiant de bidonville.

Le spectacle de la déchéance physique et morale de ceux qui furent les fiers « Hommes de la Forêt », réduits à l’état de horde de mendigots souffreteux et geignards, m’a fait un choc d’une telle violence que j’ai dès lors tout fait pour l’oublier.

(L’exotique au quotidien. Georges Condominas. Plon 1965)

Originaire de la région de Rodez, il a assisté à la dégradation de la littérature occitane sous l’envahissement du français ; beaucoup de jeunes, après l’école puis souvent l’émigration ont perdu l’usage de leur langue, du « patois », qu’ils ont même honte de parler…

(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)
Divinités
Ce thème comporte 14 citations (les dernières que j'ai lues):
ancêtres
arbres
divin/humain
doubles
eau
esprits
génies
lune
pierres
séparation/union
serpents
temps
Terre-Mère
tissage

… il n’est pas inutile de rappeler les deux axes de la pensée religieuse des Japonais : le premier, c’est l’idée d’une identité foncière entre la divinité des montagnes et celle des rizières, et la deuxième, celle qui identifie yama no kami alias ta no kami aux esprits des ancêtres qui, dûment accueillis et entretenus (…) veilleront sur le bien-être de leurs proches habitant la plaine. (…) Pour descendre dans la plaine, ils prennent comme support matériel les fleurs…
(La sieste sous l’aile du cormoran. H.O. Rotermund. L’harmattan 1998)


Le fait de donner à un lieu le nom d’un arbre ou d’une plante est peut-être issu du paganisme germanique où arbres et végétaux faisaient l’objet d’un culte très important lié aux divinités vanes...
(Nos ancêtres les Francs ? Patrick Ettighoffer. L’Harmattan 2025)

L’étrange, en définitive, est que cette intrusion constante de l’irrationnel (…) dans le temps et l’Histoire ait toujours su se concilier avec le besoin et la nécessité du rationnel. En chaque Grec, ces deux mondes n’ont cessé de coexister sans que jamais il se sente ni déchiré ni écrasé par l’un des deux puisque, derrière l’arbitraire et l’énigme du monde, il inventa les signes qui leur donnèrent un sens.
(L’été grec. Jacques Lacarrière. Plon 1975)

Assister au rite du tau bung (« secouer – les feuilles pour recueillir l’âme – araignée) m’imposait une autre constatation : pour tous les Mnong, la petite araignée, être bien vivant, concret, matériel, visible, ne représentait pas, mais était la hêeng du malade. (…) La constatation de l’existence matérielle, tangible de l’âme-araignée me fit comprendre que lorsque les Mnong parlaient de l’âme-buffle, élevée chez les Génies, celle-ci existait de la même manière…

Au cours d’un tour en forêt pour l’enterrement d’un jeune enfant, j’appris que l’épervier (…) qui planait en criant au-dessus de nous, était une hêeng d’un mort et qu’il fallait lui offrir de la soupe de riz pour l’empêcher de harceler les vivants. (…) Il ne s’agit donc plus d’une âme immortelle, puisque, à force de dépérissements successifs, d’un niveau à l’autre des sept étages souterrains de l’Univers, elle finira par disparaître complètement, fragile écume d’une vague mourant sur la rive d’un fleuve. Cette âme « mortelle » n’est pas non plus d’essence spirituelle, tout au moins selon l’acception que nous donnons à cette expression et qui se justifie par notre conception du monde où s’opposent matière et esprit, corps et âme, à l’image d’une société héritière de modes de pensée façonnés, dès la plus haute Antiquité, par des sociétés marquées d’une opposition fondamentale entre esclaves et possédants.

D’ailleurs, l’être n’est pas composé d’une âme et d’un corps, relevant de deux mondes opposés, le matériel et le spirituel, mais de formes multiples : corps humain, araignée, âme-buffle, etc.

(L’exotique au quotidien. Georges Condominas. Plon 1965)


On est alors au point culminant de la saison sèche, canicule qui précède immédiatement les premières pluies de la saison humide. (…) La seule qu’on ait à boire est celle, plutôt boueuse, que des garçons ont puisé dans le lit du ruisseau, où les filles viennent de prendre un de leurs nombreux bains de la journée.

(L’exotique au quotidien. Georges Condominas. Plon 1965)


Rien n’est plus dangereux qu’un esprit errant ! Pour communiquer avec les morts, on pouvait leur écrire de véritables lettres sur des supports variés (bol, jarre, tissu, stèle, statuette, papyrus) afin de les faire se tenir tranquilles ou au contraire pour qu’ils défendent mieux les survivants de leur maisonnée.
(Le monde par les Hiéroglyphes. Christophe Barbotin. PUF 2025)

Le domaine des Génies n’est pas séparé du domaine humain par des cloisons étanches ; les sorciers appartiennent en quelque sorte aux deux (…). D’ailleurs, l’être n’est pas composé d’une âme et d’un corps, relevant de deux mondes opposés, le matériel et le spirituel, mais de formes multiples : corps humain, araignée, âme-buffle, etc.

[Le] premier caak, le frère du héros mythique, qui nous conduisit des profondeurs du sol à la surface de la terre (…) fut exécuté et sa chair partagée, pour qu’on pût plus tard déceler la présence des sorciers.

« Vous autres, Praang [Blancs], vous (…) possédez tellement de choses extraordinaires, des avions, des autos, des fusils, que les sorciers ont peur de vous. »

(L’exotique au quotidien. Georges Condominas. Plon 1965)


Sur le seuil, de chaque côté de la porte, deux grosses racines de fougère noire, taillées en gueules de boa furieusement ouvertes, avec le dard (une radicelle) pointé, et ornées de dents taillées dans des lamelles de bambou. On les a mises là « pour faire sentinelle », me dit Kraang (…). « Nous peur attraper maladie » et je note la phrase mnong équivalente : trôok khee devient « attraper maladie ». En fait, ces deux mots signifient littéralement « ciel-lune », et ainsi accolés désignent « l’épidémie ».

(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)

Les pierres de Ndut Lieng Krak constituent (…) un des très rares instruments de musique préhistoriques qu’on ait découverts. (…) La qualité technique exceptionnelle de ces pierres a frappé tous les préhistoriens qui les ont vues ; (…) celui qui les taillait (…) devait obtenir (…) un son musical correspondant à une note déterminée, et qui prouvait chez l’artiste une appréciation très fine des hauteurs sonores.

L’échelle musicale [d’un chant qui accompagne un rite funéraire dans un district isolé de Java oriental] est le seul exemple vivant d’une gamme dont l’autre exemple est fourni par un instrument de musique préhistorique, en pierres, découvert en Indonésie par un jeune ethnologue français [l’auteur].

(L’exotique au quotidien. Georges Condominas. Plon 1965)

Le ciel et la terre sont le père et la mère de tous les êtres. Par leur union, ils forment le corps ; par leur séparation, on retourne à l’origine. Ainsi, qui garde l’intégrité de son corps et de son âme sait s’adapter à toute circonstance changeante.
(Oeuvre complète. Tchouang-tseu. Gallimard 1969)

Il y a un tabou formel, qui oblige à abandonner une maison dans laquelle on a trouvé un serpent.

(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)

L'aire sacrificielle est hors du temps et de l'espace ou, plutôt, elle est - d'indicible façon - le Ciel des Dieux et l'éternité.
(Mythes et légendes extrait des Brâhmanas. Jean Varenne. Gallimard 1967)

Sa mère avait sans doute enterré son cordon ombilical près du foyer, comme le faisaient presque toutes les mères parlant le nahuatl. Elle avait dû prononcer une prière telle que: "Tu seras le cœur du foyer. Tu n'iras nulle part. Tu ne seras pas une vagabonde. Tu seras le feu qui couve, les pierres du foyer."
(Le cinquième soleil. Camilla Townsend. Albin Michel 2023)

Le paddy est la nourriture par excellence et sa moisson représente le couronnement de toute une année d’efforts ; elle ne peut donc commencer sans un rite spécial. Ce rite, le Muat Baa, ou « Nouage du Paddy », inaugure une saison riche en tabous ; (…) il faut amadouer le paddy, l’attacher à soi (…). En chemin Baap Can coupe et emporte quelques tiges d’une graminée à utilisation rituelle (…). Il rabat sur les bambous sacrés quelques feuilles de plantes rituelles et les tiges de paddy les plus proches, en fait un nœud autour des « poteaux » et lie l’ensemble avec des herbes magiques, apportées du village. Dans ce nœud, il plante la faucille et dépose une poignée de riz cuit. Il prie à haute voix : « (…) Je saisis ta jambe, ô Paddy ; j’empoigne ton jarret, ô paddy ; je caresse ton visage, ô paddy ; (…) qu’on boucle le grain à nos ceintures » (…) chacun porte sur son ventre la petite hotte khiu, dont la bande tressée entoure la taille comme une ceinture.

(L’exotique au quotidien. Georges Condominas. Plon 1965)


En fait, j’avais constaté que, là où je me sentais vraiment vivre, c’était en « vadrouille », lorsque j’arpentais les sentiers de montagne et que je séjournais dans des villages étrangers à ma propre culture (…) l’obligation où l’on se trouve, pour des raisons matérielles, de se mêler à la vie de ces paysans, si différents de nous extérieurement, nous laisse entrevoir la possibilité de saisir l’homme sous la gangue de l’exotisme.
(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)
Monocraties
Ce thème a 6 citations (les dernières que j'ai lues):
Un seul individu tout seul
Un seul mode de vie
Un seul pouvoir
Une seule nation
Une seul façon de penser
Ségrégation


A la fin de chaque couplet, ils me demandent de relire : hilarité générale (…). J’interroge le sous-chef, il me répond qu’au contraire c’est très bien. (…) Leur joie venait tout simplement du fait qu’ils entendaient un Européen réciter une chanson mnong gar, ce qui ne s’était jamais vu jusque-là.
(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)

Les mêmes esprits sont prêts à reconnaître l’unicité de l’individu, l’extraordinaire richesse que recèle un seul homme, mais ils tiennent pour négligeable l’unité d’une culture. La disparition d’un petit groupe ethnique n’est pas seulement la mort physique d’un certain nombre de personnes, mais la disparition d’un certain nombre de richesses communes, qui se tiennent à un niveau autre que le niveau de chaque individu qui portait cette culture, laquelle, elle aussi, ressortit au patrimoine collectif de l’humanité.

(L’exotique au quotidien. Georges Condominas. Plon 1965)

On oublie que le métissage, en milieu colonial, est un problème sociologique. Ce ne sont pas tellement les caractères biologiques ou culturels des deux groupes en présence, qui sont en jeu, que leurs situations respectives de domination et de dépendance. La principale préoccupation du métis sera de faire oublier son appartenance partielle au groupe dominé, pour s’affirmer à tout prix comme membre de plein droit du groupe dominant, auquel il donnera tous les gages de loyalisme qu’il sera en mesure de fournir.
(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)

Les médias israéliens et certains médias occidentaux ne nient pas les meurtres, mais ils les neutralisent visuellement et moralement. Ils présentent des scènes partielles de la vie, sorties de leur contexte, pour dire au monde : « Regardez, Gaza n’est pas comme on le dit, il y a de la vie, des restaurants, des rires. » (…) Gaza, dans sa réalité nue, est une mère cherchant son enfant sous les décombres, une famille vivant sur des eaux usées, une ville dont les limites sont redessinées par la force militaire et comprimées jusqu’à l’asphyxie, un peuple assiégé géographiquement autant que politiquement et économiquement. C’est la scène que l’on cherche à cacher derrière des images soigneusement sélectionnées, extraites du contexte de l’extermination pour paraître comme preuve que la vie continue normalement, alors que la réalité dit que la vie est arrachée de ses habitants de force.

À l’ère de l’image, la vérité n’est plus mesurée par ce qui se passe, mais par ce qui est montré. Le récit est devenu une arme, et celui qui possède l’image a le pouvoir de façonner la perception mondiale de la réalité et de réorganiser la conscience mondiale selon ses intérêts. Lorsque l’image est falsifiée, la vérité l’est également, et le crime est reproduit sous une forme atténuée moralement, justifiée, normalisée ou oubliée. Publier des scènes partielles de la vie sans contexte d’occupation, de destruction n’est pas un impartialisme médiatique, mais une contribution, consciente ou inconsciente, à l’atténuation de la tragédie, à sa transformation en arrière-plan éloigné. (…) Aujourd’hui, Gaza n’est pas une histoire humaine passagère, consommée puis oubliée, mais un test éthique pour le monde entier : une terre grignotée, un peuple comprimé, des camps inondés d’ordures et de maladies, une ville massacrée en direct, tandis que des images falsifiées sont fabriquées pour atténuer le poids du crime et réécrire la conscience mondiale. Celui qui trahit l’image trahit la vérité, et celui qui trahit la vérité trahit le sang.

(Abu Amir. Le Poing 11 février 2026)

… l’État vietnamien prendra l’Empire du Milieu pour modèle, et le recrutement des fonctionnaires ainsi que la vie socio-politique copieront ceux de la Chine. (…) Désormais, pour la classe dirigeante, tout modèle, pour être valable, doit pouvoir se recommander d’une origine chinoise, sous peine d’être rejeté comme « barbare ».
(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)


… intrigué par les échos qui lui signalaient la présence d’un Français en pleine brousse, [le chef de la Sûreté] avait envoyé deux policiers rhadés enquêter à Sar Luk sur mon compte et me voir de près. Les policiers s’étaient alors donné l’allure de deux braves Montagnards voyageant en quête d’acquéreurs pour la jarre qu’ils transportaient avec eux. Et moi qui me croyais seul au bout du monde !

(L’exotique au quotidien. Georges Condominas. Plon 1965)

Les tombes et les offrandes faites au mort rendent visibles à l’archéologie ce moment où l’homme, prenant conscience de sa finitude, s’est démarqué radicalement du monde animal. Les plus anciennes inhumations attestées à ce jour proviennent de la grotte de Qafzeh, en Israël, et remontent à environ 100000 ans.
(Guide de l’Egypte prédynastique. Midant-Reynes/Tristant. Institut français d’archéologie orientale 2025)


… je l’avais appelé [mon chien] tlaa, « le tigre », ce qui m’avait valu une rebuffade tout juste polie de Baap Can : (...) « Appeler tigre un chien est tabou. Le tigre vient quand on l’appelle. Et il dévore. » Je n’avais pas insisté et (…) j’avais appelé mon chien Bokbook « Blanchette » (…). Trop tard sans doute, puisque, comme on l’a vu, le nom malencontreux avait déjà résonné comme un appel maléfique [le chien a été mangé par un tigre].

(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)
Mouvements
Ce thème comprend cinq citations (les dernières que j'ai lues):
animisme
frictions duelles
lieux de passage
migrations
mutations


L’attachement que l’Homme de la Forêt porte à sa terre est organique. Il ne s’agit pas d’un simple rapport d’exploitation, de production de nourriture : un rocher, une haute futaie, un ruisseau, lui parlent comme autant d’êtres animés. Qu’un malheur survienne et il va consulter les esprits des lieux (…). L’enlever à cet environnement ne constitue pas une simple évacuation, mais un véritable arrachement à ses sources de vie.

(L’exotique au quotidien. Georges Condominas. Plon 1965)

L’accoutumance (…) permet au chercheur de se mettre à l’affût au moment et à l’endroit convenables, comme un bon chasseur habitué à telle ou telle forêt. On sent que quelque chose doit se passer à l’intérieur, alors qu’on est en train d’observer au-dehors. On n’a pas seulement une connaissance théorique de la culture qu’on observe ; en outre, on est rôdé à ses schémas, comme le sont les indigènes eux-mêmes. (…) D’où le désarroi des sociétés fortement ébranlées par le contact de l’Occident : certaines raisons d’être très profondes, qui font que les règles vont de soi, sont ou endommagées ou, pire, anéanties (…). Les participants de cette culture sont désorientés ; ils ne sont plus capables de se laisser porter par ce qu’on pourrait appeler leur « instinct culturel ». C’est pourquoi l’observateur qui peut vivre suffisamment longtemps dans cette culture, ou, ce qui est préférable, en s’abandonnant entièrement à elle, peut acquérir cet instinct. (…) Mais se laisser porter demande à la fois une souplesse et une tension considérable (…) C’est un genre d’abandon qui demande une grande vigilance, ne serait-ce que contre soi-même. Comme celui d’une femme.
(L’exotique au quotidien. Georges Condominas. Plon 1965)

… il a fallu se dépouiller de soi pour se disperser en eux…

(L’exotique au quotidien. Georges Condominas. Plon 1965)

… Fleur de Bouclier s’enorgueillissait de descendre des Chichimèques, ces barbares venant du nord, plus que d’être l’héritière de la culture des planteurs de maïs et des gardiens du calendrier qu’ils avaient épousés. A sa mort, elle s’écria qu’elle était une jeune guerrière. L’histoire qu’on lui avait enseignée (…) était centrée sur les émigrants, et non sur ceux qui avaient occupé la vallée avant leur arrivée.
(Le cinquième soleil. Camilla Townsend. Albin Michel 2023)

Ils ne se doutent pas que, non seulement mon aspect extérieur, mais mon temps intérieur, se sont arrêtés à l’année où nous mangions la forêt de Pierre-Génie Gôo. (…) ma vie s’est coupée en deux, une partie de moi-même ne s’éveillant qu’au rappel de ce que j’ai vécu pendant deux et qui se trouve comme isolée à l’intérieur d’une coquille, sorte de vaisseau entièrement clos où s’animent le temps et l’espace de cette période privilégiée.

(L’exotique au quotidien. Georges Condominas. Plon 1965)


Les pierres de Ndut Lieng Krak constituent (…) un des très rares instruments de musique préhistoriques qu’on ait découverts. (…) La qualité technique exceptionnelle de ces pierres a frappé tous les préhistoriens qui les ont vues ; (…) celui qui les taillait (…) devait obtenir (…) un son musical correspondant à une note déterminée, et qui prouvait chez l’artiste une appréciation très fine des hauteurs sonores.

L’échelle musicale [d’un chant qui accompagne un rite funéraire dans un district isolé de Java oriental] est le seul exemple vivant d’une gamme dont l’autre exemple est fourni par un instrument de musique préhistorique, en pierres, découvert en Indonésie par un jeune ethnologue français [l’auteur].

(L’exotique au quotidien. Georges Condominas. Plon 1965)

Sauvage ou détruite, aimée ou violée

… l’état d’un miir [espace cultivé] à l’époque des semailles a quelque chose d’affligeant comme toute dévastation ; on ne voit qu’enchevêtrement de troncs et souches calcinés, sur un sol mis à nu. La forêt a été saccagée par les hommes, et ses dépouilles ont été incendiées. (…) Aucune impression d’accord entre elle et l’homme, mais de combat.

(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)

Récoltes
J'ai classé ici les éclats de voix recueillis dans la rue, les transports en commun, les lieux publics, dans des tableaux analytiques:

Je leur parle
Je parle d'eux/d'elles
Je parle de lui/d'elle
Je parle de moi
Je parle de nous
Je te parle
Quand je ne parle de personne


Mise à jour le 2 février 2026

  

moieux/elles

animaux
maître(sse)Vous allez pas v’nir tous les jours, fils de p--- ! 



dominateurs(trices)
référentMais vous vous rendez pas compte comme c’est violent ç’que vous faites ! 



élèves/enfants/exécutants
camarade/amiC’est déjà fini l’toubib ?
commentateurAlors, heureux d’aller se promener, avec le porte-monnaie ?
maître(sse)C’est pas loin, allez !  
Essaie d’nous doubler ! 
Vous avez mangé ?  
Vous voulez que j’appelle la police ? Je vous demande de vous en aller s’il-vous-plaît. 
protecteurC’était pas la peine de r’passer.
référentVous allez pas vite ! Non j’rigole.



inadaptés
ascète/monadeVous pouvez pas vous séparez un peu ? Vous êtes toujours les quatre collés ensemble, vous vous séparez jamais.
référentI’ faut vous bouger l’c-- ! Faut aller bosser !



malades
référentQu’est-ce que vous avez tous aujourd’hui ?



occupés
inquisiteurVous allez où ?  
Vous allez où en fait ?



victimes
référentMais vous, bosser dans des conditions comme ça, non.

Mise à jour le 2février 2026

  

moieux/elles

animaux
maître(sse) J’nourris mes bébés.



ascètes/monades
commentateurIls se suffisent à eux-mêmes.



bon(ne)s paroissien(ne)s
référentMais ê’z’ont des maris.



camarade/ami
camarade/amiEt Sophie, comment ê’ va s’habiller ?



dominateurs
commentateurIls sont en train de grignoter des parts de marché
victimeDépêchez-vous, l’autre là, elle bouge pas son gros c--, cette pu--, vite, il faut pas qu’ils l’emmènent en prison, je suis crevée, je sais même pas si je vais réussir à parler ! 



élèves/enfants/exécutants
commentateurC’est la guerre (rires)
élève/enfant/exécutantAllez Marseille !
protecteurTes sœurs, i’faut qu’tu les surveilles ? 
référentIls le savaient à l’embauche, tu peux faire des journées de 7 heures comme des journées de 10 heures. 
Y a rien eu… A part les embouteillages et les gens qui sont incapables…  
Moi, j’appelle les mômes mioches ou têtes de pioche.



étranges/étrangers/différents/autres
référentCa y est, c’est parti, un jour sans les autres !
victimeJ’étais partie avec Sonia et pi y a des mecs qui sont arrivés.



inadaptés
référentElle est pas bien futée la pauvre, c’est l’moins qu’on puisse dire. Et son abruti d’mari…



maîtres
observateurI’ vont faire un beau truc.
victimeje suis allergique au talc. Ils en mettent dans les gants. 
C’est pour ça qu’avec les boissons, i’ font ç’qu’i’ veulent. 
C’était bien protégé et y’z’ont trouvé l’moyen d’faire une grande tranchée en plein milieu.



malades
référentLes mecs, c’est des chauds lapins. 
Ben alors, pi quoi encore ?



occupés
commentateurQuand y z’arrivent, y font leurs trucs, après y s’y mettent.



référents
inadaptéÇa m’casse les cou-----, j’en ai plein l’c-- de ç’te ville. 



victimes
référentMaintenant on utilise les gens.  C’était moins cher avant. On vole les gens, on ne sait pas où va l’argent.

Mise à jour le 2 février 2026

  

moilui/elle

animal
bon paroissienIl a toujours des croquettes à disposition 
enfantOiseaux ! 
- un crocodile



ascète/monade
victimeIl a dépensé tout l’argent du grand-père.



camarade
camarade/amiTu t’es réconciliée avec elle.  
Elle s’est mariée dans l’année.  
Mon pote, il a 40 ans, c’est pareil. 
Khaled, il est pas v’nu.



dominateur
commentateur(trice)Mon mari avait un rendez-vous, il va la chercher à l’école, le directeur i’ sait pas où elle est, et pi i’ dit : « Elle est à la piscine. » Mon mari i’ dit : « Vous vous foutez d’ma g----- ! Elle est dispensée de sport pendant trois s’maines ! J’vais écrire à l’inspection académique ! » 
Maman dit beaucoup de choses.
élève/enfant/exécutantMa mère ê va m'défoncer.
protecteurAttention je jouerais pas avec les nerfs de Serge ! C’est un dur !



enfant/exécutant
camarade/amiC’était son anniversaire. C’était super.
commentateurBen tu sais, il est comme ça, Jean-Marc, i’ faut qu’i’ fasse ses 1500 pas par jour !  
Il a tapé le chien avec le bâton ! 
protecteurIl s’est perdu. Je n’ai pas le numéro.
référentJe ne sais pas comment il vit. 
Y fermait le jeudi après-midi. 
C’est celui qui fait le ménage. 
Ca fait un an qu’i’ dit qu’i’ veut rentrer des États-Unis avec sa copine. 
Elle parle bien pour son âge. Y a des enfants qui sont avancés pour leur âge. 
L'patron i' m'a dit que j'pouvais m'garer là avec les warnings.
victimeAvec elle, je rame, elle pleure tout le temps.  
Mon fils, i’ va m’voir arriver, i’ va dire : « Qu’est-ce que t’as fait ? » J’vais lui dire : « Chuis tombée. » J’peux pus lui mentir, ça m’fait ch---.



étrange/étranger/différent/autre
camarade/amiI’ m’a envoyé des photos de lui, enfin de lui, des paysages…
référentJ’dis ça parç’que c’est une meuf. 
Il marche sur des œufs. 
… j’ai pas envie d’m’y mettre, c’est compliqué, c’est son point d’vue à lui… 
C’est l’genre de mec qui… 
Et ta sœur, c’est la SNCF ? Ta cousine, c’est l’TGV !
témoinC’est lui ! Ah oui ! Put--- j’le vois !
victimeI’s’fout d’ma gu---- ! I’ sait pas sur qui il est tombé. J’vais pas le lâcher. J’ui ai dit : « Tu touches pas à mes affaires ! » (3x) I’ m’a pris deux billets de 500. J’ai pas envie d’attendre des heures au commissariat pour une main courante. J’vais lui casser les dents. J’vais l’ni----. 
Il vit par ici, lui, maintenant ?  
C’est un All’mand, il est pas comme les autres.



inadapté
inquisiteurY a rien qui retient et en plus elle tortille du c--
référentIl a pas l’habitude.  
Elle a pas passé la raclette ! (plusieurs fois)  
Elle a choisi une église à perpette les andouillettes 
Elle est insupportable. 
J’ui ai dit : J’veux bien appuyer ta demande, mais t’es sérieux !  
Ben c’est pas habituel. Je vais lui dire gentiment ç’que j’en pense. Bon, allez ! J’te laisse. J’vais r’joindre mon tortionnaire (rires). Put---, ç’ui là faudrait r’faire le code (rires).
victimel’était pas obligé d’le dire à voix haute.



maître
élève/enfant/exécutantC’est le juge qui décide. 
Le prof, avant il était genre coach pour les petits…  
Mon père, il a créé la SNCF !  
Ben moi, elle m’a payé mon voyage, moi. 
référentle patron, c’est un sal---.



malade
soignantJ’ui ai dit : « Je vais vous aider. » Elle m’a attrapé le poignet et m’a dit : « Ca va aller ! »



occupé
commentateurIl a dit qu’il va aller chez Marie-Claire.
ascète/monadeBen i’m dit : « Moi j’finis à 2 heures du matin. » Mais moi j’m’en f---.



référent
élève/enfant/exécutantJ’espère que ça va lui faire plaisir, à ma mère. J’ai pensé à lui faire un cadeau.  
Et Marie, ê sait où on va ?  
Ma mère, ê m’a dit… 
Maman, elle a dit !
inquisiteur/triceLui, il est pas gay.



soignant
maladeJ’ai demandé une autre sage-femme.



victime
dominateur/triceJe lui ai piétiné. Ma mère l’a lavé.
témoinIl n’y a rien à voir du tout, il en a pris plein la gu----.

Mise à jour le 2 février 2026

  

Je suis un ascète, une monade coupée des autres
autonomeNon maman !
illuminéSi je le fais, ce sera pour l’amour de dieu, pas pour un homme.
infatuéJe sais que j’ai raison de pas dire oui. 
Je suis fier de ce que j’ai fait. 
J’ai toujours préféré galérer seule, mais toute seule, plutôt que… 
psychotiqueJ’avais peur de me transformer comme eux.


Je commente ce que je fais
capableMoi je tiens l’alcool. 
J’ai pris un imperméable, il va pleuvoir ce matin. 
Moi, j’étais partie (2x) marcher avec le sac plein.
insomniaqueJ’me suis réveillé à une heure du matin… 
itinérantJe suis allée chez (?), j’ai retrouvé (?) et ses potes, on est allé chez (?) Je vais à Aix-les-Bains par la nationale, j’en ai pour 3 heures et demi. Je vais à la manif Gaza. 
Je vais à la fête  
J’vais t’raconter mes vacances  
Du coup, chuis passée par là, voilà. 
quand j’étais sur Nantes.
patientj’attends
prévenantJe vais descendre bientôt.
sensibleJe m’étais assis au soleil pour me réchauffer parce que je suis en short, mais il fait trop chaud. 
surprenant(e)J’ai été prise d’un fou rire !


J’ai des connaissances
J’ai de l’expérience25 ans de crèche, j’connais bien les enfants.


Je suis délaissé
enfantJe suis monté dans le bus mais quand je suis descendu j’ai vu que mon père n’était pas là.
femmeJe suis la seule meuf qui n’a pas reçu de message.
SDFJe suis seul, adoptez-moi !


J’exécute les consignes, règles, injonctions…
J’ai une activité physiqueLa pleine santé ! C’est le vélo !
J’obéis à la policeJ'm'en vais tout d'suite. D'accord j'm'en vais tout d'suite.
Je m’organiseFaut qu’je pense à prendre à boire 
Je maîtrise les outils numériquesAttends, j’regarde sur Internet. 
J’ai regardé sur internet… la climatisation chaud-froid dans les trains… 
Je respecte les règles hygiéniquesIl faut qu’j’me pèle. 
Je me suis lavée.
Je respecte les règles ménagèresIl faut que je fasse une lessive. 
’ai fait du ménage.
Je respecte les règles sanitairesPour les fêtes, c’est ma santé d’abord.
Je respecte les règles vestimentairesSi je mets une jupe ou une robe, je ne peux pas garder mes baskets !  Faut qu’je m’achète des collants.
Je suis conformeBen moi aussi
Je suis jeuneNon chuis pas un ancien !
Je suis poliJe m’excuse de vous avoir déranger pour cela, je vous remercie...
Je suis un bon consommateurChuis contente, j’ai mon mascara !  
J’ai mangé ma douzaine d’huîtres. 
Acheter ce qui me fait plaisir. 
J’ui ai dit : « J’ai mangé des bonbons ! »


Je suis inadapté
asocial2 minutes, put--- fait ch---, chuis pas bien, chuis pas bien.
étrangerJe suis de la campagne.
inadaptéNon, p’t-être que si, chais pas. 
inorganiséJ’ai oublié mon argent, ça commence bien ! 
J’ai pas d’sac pour faire les courses, j’vais r’monter à la maison. 
J’dois 500 balles mais j’peux pas r’tirer sur mon compte en Suisse.


Je suis maladeChui pas bien dans ma tête.  
Je suis malade. 
On est plusieurs dans ma tête, ça se bouscule. 
C’est la première fois qu’je sors depuis une semaine.


Je suis occupé par
ma familleQuand on arrive à la maison, je t’appelle.
mes déplacementsJe n’ai dormi que trois heures cette nuit  
J’vais l’em’ner chez moi. 
… j’ai emmené les affaires chez moi. 
En fait j’y vais là. 
Chuis jamais rentrée là.  
J’commence juste à charger, faut qu’je passe à la poste avant midi.
mon activité physiqueJ’ai fait un stretch. (rires)
mon travailLundi je serai dispo à partir de 11 heures. 
Demain je commence à 7 heures moins le quart.  
J’ai des heures à récupérer.


Je suis psy de moi-même
Je connais mes besoinsMais c’est ce dont j’ai besoin.


Je suis mon propre soignant
Je connais le traitement qu’il me fautJ’ai mal à la tête, il me faudrait de l’ibuprofène, on va dans une pharmaç’ ? 
Il faut vite que je me lave les mains, je suis allergique au talc.
Je respecte la thérapieIl faut que je parle à voix haute, avant, je parlais dans ma tête, ça restait bloqué, c’est pas bon.


Je suis témoin
J’informe les autresUne fois, j’ai vu passer un bus tout droit, je n’avais pas fait signe


Je suis une vedette
Ma date de naissance est connueHier, c’était mon anniversaire, en plus, c’est tout en même temps !
Mon nom est connuVous me connaissez ? Je suis Ahmed le Syrien, agent de la chaise. Mondial ! 


Je suis une victime
accabléJ’en pouvais plus. 
J’me suis fait niq--- par plein d’gens, j’y connaissais rien, moi.
blesséJe suis tombée, je me suis retenue par le poignet, et j’ai une entorse du poignet. 
J’ai souffertMon accouchement, j’avais 17 ans, c’était très dur.
Je souffreJ’ai mal au dos.
persécutéJ’ai fait 14 ans de prison et 14 ans d’hôpital psy, j’ai été enfermé 28 ans ! 
traumatiséJ’ai eu du mal à m’en remettre, je dormais, il m’accrochait en haut, ma mère avait peur

Mise à jour le 2 février 2026

  

moinous

camarades/amis
camarade/amiOn va s’faire un barbec’, vous venez ? 
Libérez nos camarades ! 
On est parti vers dix heures et demie. On a voulu aller au resto, tout était fermé. 
On s’est souhaité joyeux Noël.



dominateurs
dominateurOn va b----- une boiteuse, ou une crasseuse.



élèves/enfants/exécutants
commentateurOn est les meilleurs. 
On a fini de manger, on r’tourne au boulot.
élève/enfant/exécutantfallait contacter quelqu’un pour définir comment on allait communiquer. 
J’crois qu’on est allé trop haut. 
Nous sommes payés pour appliquer les consignes, monsieur. 
On n’est pas déjà passé dans ç’coin là ? – Chais pas, p’t-êt’ bien. 
référentOn a été les premiers à avoir les bornes d’affichage.  
On a tous vécu la même période.  
Sinon on était obligé de creuser ici.  
On y va à 10 heures. 
On n’a pas l’droit.



inadaptés
référentLa maison, le boulot, les enfants, on peut pas être sur tous les fronts. 
On va être en r’tard pour le film.



malades
psyBen oui, i’ faut bien s’faire plaisir



occupés
commentateurOn en est au dessert.
maître(sse)Tu vas avoir 18 ans en août. Il faut qu’on se fasse un resto.
occupéOn est allé marcher au bord et on a dormi. On a dormi.
référentOn ira manger là-bas. Il faut connaître. 
Si on rentre en train…



référents
commentateurFaut r’connaître, on n’est pas racistes.



victimes
commentateurOn peut pas s’habiller court. On peut pas s’habiller sexy.  
Tout à l’heure, on crevait de chaud. 

Mise à jour le 2 février 2026

  

moitoi

ascète/monade
camarade/amiJe ne comprends rien à ce que tu me dis. Je te dis oui mais tu répètes exactement la même chose, je ne comprends toujours rien, mais ça doit être simple pour toi.



camarade/ami
camarade/amiT’as pas envie de changer d’air ?  
Merci pour le sourire  
Ben tu vois, ça fait passer le temps ! 
Je ne serai pas loin de toi ! 
Qu’est-ce que tu fais à manger ?  
Hé ! T’es rev’nu ? T’as repris ? 
Ca te fait marrer, ça ! 
Ca va, Jean-Mi ? J’te vois souvent sur Tik-Tok. 
Y sont beaux tes ch’veux ! 
C’est toi ! T’as 75 ans et t’es toujours dans l’truc ! 
Et toi, comment tu vas t’habiller ? 
J’ai pensé à toi. (rires) 
Toi tu penses que… ?
inquisiteurT’as quel âge ? T’es un ancien ? 
Et tu vas où lundi ? 
Tu changes pas de jean ?
protecteurTout va bien ?
psyC’est bien de se ménager un temps…



dominateur
camarade/amiTu m’as dit que tu voulais aller là-bas.



élève/enfant/exécutant
dominateurIl faut que t’achètes des croquettes.  
Tu fais comme tu veux mais j’ai pas besoin de voir ton c--. 
Mais dégage ce sac de là, bon dieu, tu fais que des conne----, t’arrêtes pas, j’en peux plus.  
Appelle-le pour lui demander…  
Achète Télé -…  
Tu as de la morve ici. 
élève/enfant/exécutantJ’ai les deux fichiers. Je voulais juste m’assurer que c’était OK pour vous. Ca roule. 
y’aurait pas moyen qu’tu m’fasses une copie d’écran ? 
Regarde, il faut continuer de tourner autour !
inquisiteurtu veux pas genre la lâcher ?  
A qui tu parlais ? 
T’es garé en bas ? 
Tu vas où ?  
Et qu’est-ce que t’as fait hier ? 
Tu vas t’promener où ? 
maître(sse) 
Tu vas le mettre où le vélo ?
Lève-toi s’il-te-plaît  
C’est non.  
Si tu réfléchis  
Mets la main ! 
Bonjour pour le lundi, il faut dire bonjour ! 
C’est assez comme ça ! 
Tu pourrais t’changer 
Tu pourrais réfléchir quand même. 
Ben non, on n’est pas chez nous ! 
Ah ! Mais parle français !  
Ca va pas non ? T’arrêtes !
protecteurFais attention, roule pas comme un fou ! 
Viens ici, au soleil, tu seras mieux au soleil !
référent… tu vois, une offre attractive, et en plus… 
Tu envoies tes nouvelles coordonnées, c’est pareil, en fait. 
il faut faire signe au bus, sinon il passe tout droit. 
T’as pas le choix. 
Tu rentres dans la chambre et t’allumes la télé. 
C’est pas intéressant. 
Ben i’ faut qu’t’envoies un mail à la poste. 
Je sais qu’t’en a marre. 
T'es conscient de ç'que tu fais?



étranger
référentT’as les avantages de la France… 



occupé
camarade/amiTu as fini ?



référent
élève/enfant/exécutantJe vous paie en liquide aujourd’hui. Je ne sais pas si j’ai l’appoint.  Vous pouvez m’expliquer ? 
c’est autorisé dans ce sens ?  
Et pour l’adresse, je mets B. ?  
C’est la r’prise (2x)  
Combien i reste ? 2 minutes 
Combien y a d’arrêts jusqu’à Oratoire ? 



victime
bon paroissienJe vous ai réveillé, je m’excuse.
protecteurFaut bien qu’y ait des avantages.

Mise à jour le 2 février 2026

  

moi...j’inspecte les lieux
commentateurT’as vu les pneus ? 
Ca frotte. 
Là c’est plus le style.



...je parle du corps
bon(ne) paroissien(ne)Ca cache les seins.
commentateurE’ nous a dit : « Il y a éééénormément de gastros ! »
élève/enfant/exécutantTu sais, quand on met un pantalon noir…
maître(sse)Ne regardez pas.
référentDes chaussures jaunes, t’imagines, genre jaune poussin !  
C’est malpoli ! 
J’imagine la scène (rires) 



...je parle du dominateur
bon paroissienC’est grâce à Dieu.
commentateurOn sait pas, la vie c’est un mystère.
élève/enfant/exécutantBen appelez la police. 
inadaptéOn va voir si la police ê’m’recherche.



...je parle de l’environnement
commentateurQuel temps i va faire demain ? 
C’est beau. 
Y a des pommiers, des cerisiers…
élève/enfant/exécutantPetit chat, pas toucher ! Pourquoi ?
référentCa sent mauvais 
Vous avez d’la chance, y en a une qui marche. Celle-là, ê marche pas.
victimeAvant y avait pas ça. Stop à l’urbanisation ! 
Mais ê vient d’où, ç’te mer-- ? 
Y en a marre des pigeons, pourquoi on n’a pas des écureuils comme au Canada ?



...je parle des lieux publics
camarade/amiLa lumière de l’ascenseur fonctionne de nouveau.
commentateurY en a des habits ! Des monceaux ! 
Y a ça aussi à Nancy. 
C’est un métier ! 
Au marché de Noël, c’était joli ! 
C'est moyenâgeux.
élève/enfant/exécutantChuis arrivée, c’était marqué : rue des …, mais y a pas cette rue. Ah, c’est là ! Comment ça s’appelle maintenant ?
référentBen oui, il est grand, le musée 
On a une belle ville. 
on peut acheter des kimonos, là-bas. 
C’est la capitale de l’horlogerie. 
Le centre ville, c’est pas ouf ! 
Y a des toilettes là-bas.
victimeOn voit pas la lumière.



...je parle des lois, règles et consignes
commentateurCa pourrait être moins cher. 
Y doit avoir un quota. 
I’ vont dématérialiser la carte Vitale, le problème, c’est qu’tous les méd’cins sont pas équipés. 
le problème, c’est qu’c’est au mois de mars…
… encore 4 minutes…  
Deux à trois minutes. - Mais toi t’es optimiste, moi j’dirais cinq minutes – A 13 heures 55. 
Chacun fait comme i’ veut.
élève/enfant/exécutantIl est pas marqué ! 
C’était marqué sur le contrat 
Ben oui, c’est comme ça !  
J’avais réservé…  
Y a un risque… 
Le métro, c’est la SNCF ? – Le métro, c’est pas la SNCF!  Le métro, c’est la RATP ! 
Y a la bande jaune pour les livraisons.
maître(sse)C'est interdit là. Ici c'est clair'ment non. C'est pas marqué "livraisons". 
référentC’est vrai qu’c’est pas bien marqué là-bas. 
C’est le terminus. 
C’est ouvert le lundi. 
C’est l’adresse qu’est marquée sur la fiche de paie, pas d’soucis.  
Y fallait descendre à l’autre arrêt. 
Par là c’est bon 
Mais maman, on n’est plus en 1950 ! On ne prend plus le train quand on veut, pour aller où on veut !  
C’est pour les gamins 
C’est pas bon – Ben oui, c’est pas bon 
Y a un moment, faut choisir. 
Faut faire attention ! 
T’achètes un truc à deux cent mille euros, tu mets quatre-vingt mille… 
Parce qu’on ne sait pas… 
C’est compris dans votre salaire. 
Le complément, c’est la mutuelle. 
Y a des limites quand même.
victimeIl y a des fraudes partout.



...je parle des loisirs
référentBen mer--, c’était un film de mer--. 
Les festivals, après, ça sera fini  
C’est de la mer--.



...je parle de la maison
maîtreJ’ai pas envie de faire tourner la machine tous les deux jours.
référentCa c’est les couches.  
Ca s’appelle une montre à gousset. 
l faut la brancher. 



je parle des mots
référentAh ! C’est un beau prénom ! 
Ayoub, c’est un prénom arabe ! 



...je parle des objets de consommation
élève/enfant/exécutantC’est l’autre en noir, là-bas. 
Des myrtilles – Oui, c’est ça, des myrtilles. 
Elle monte à 60, bichette.



...je parle du passé
référentJe me souviens, une fois… 



...je parle du travail
élève/enfant/exécutantVous avez la télécommande ? 
Maint’nant, chuis censé faire ç’que j’faisais avant.
inadaptéY a pas un bord-- pour nettoyer ce machin, bon dieu ?  
J’aurais dû penser à vous vendre des timbres, ça va plus vite. Je n’ai pas pensé.
maître(sse)Faut tirer ! 
Faut rel’ver l’défi, faut tout enfiler en deux s’maines. 
référentÇa va pas tenir. 
je crois que c’est la commande 
N’achetez jamais d’échelle comme celle-là. C’est lourd et ça monte pas plus haut qu’un escabeau ! 
Moi, j’aurais changé la porte. 
I’ faut mettre de l’essence… du benzine.



je parle des vacances
commentateurC’était super. Y avait un jacuzzi. C’était super. C’était super. C’était une maison isolée. C’était super.
Sauvages
Ce thème comprend 6 citations (les dernières que j'ai lues):
Anti-Blancs
Communautés
Connaissance du monde
Diversité
Probité
Transmission culturelle


Nous franchîmes une véranda pas très reluisante, et pénétrâmes dans une large pièce, plutôt sale. A ma stupéfaction tous les gosses – mes cousins – s’enfuirent à ma vue en criant : « Tei ! Tei ! » (le Blanc ! le Blanc). (…) Il n’était pas question de leur en vouloir ; c’était la société dans laquelle ils vivaient qui leur avait enseigné, avec une certaine poigne, qu’il leur fallait se tenir à une distance respectueuse des Blancs…
(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)

Par l’amitié qu’ils m’ont apportée en m’aidant à m’assimiler progressivement à leur propre milieu, ils m’ont révélé l’essentiel de mon métier d’homme. Sans les « Hommes de la Forêt », je n’aurais été qu’un numéro inconscient d’un énorme rouage.

… comme dans toutes les sociétés pré-industrielles, l’écoulement lent des journées de labeur « en forêt et dans les champs » se trouve ponctuée par l’exécution de cérémonies saisonnières ou accidentelles, noyaux rituels de fêtes où le groupe ranime sa cohésion et qui constituent autant de points forts dans le déroulement de la vie quotidienne.

(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)

[Les Proto-Indochinois] ont établi une symbiose plusieurs fois centenaire avec leur milieu ; leurs incendies de forêt ne présentent que des dangers minimes, car (…) on n’exploite jamais plus de deux ans le même terrain et on laisse la forêt se régénérer pendant une décennie ou, plus souvent, deux. C’est d’ailleurs le seul mode de culture praticable dans un pays qui présente un tel relief (…) et les Montagnards en tirent des rendements fort honorables si on les compare à ceux des riziculteurs…

(L’exotique au quotidien. Georges Condominas. Plon 1965)


… des mots encore très usités en français contemporain proviennent d’étymons vieux franciques occidentaux (…). Il a bien fallu que des locuteurs francs, présents en Gaule du nord dès la fin du IIIe siècle, (…) aient côtoyé de très près la population gallo-romaine.
(Nos ancêtres les Francs ? Patrick Ettighoffer. L’Harmattan 2025)

« Ils sont véridiques sans savoir ce qu’est la loyauté ; ils tiennent parole sans connaître la valeur de l’engagement. Ils s’entraident sans considérer qu’ils font des libéralités. C’est pourquoi leurs actes ne laissent pas de traces et pourquoi leur histoire n’est pas transmise à la postérité. »
(Oeuvre complète. Tchouang-tseu. Gallimard 1969)

Les pierres de Ndut Lieng Krak constituent (…) un des très rares instruments de musique préhistoriques qu’on ait découverts. (…) La qualité technique exceptionnelle de ces pierres a frappé tous les préhistoriens qui les ont vues ; (…) celui qui les taillait (…) devait obtenir (…) un son musical correspondant à une note déterminée, et qui prouvait chez l’artiste une appréciation très fine des hauteurs sonores.

L’échelle musicale [d’un chant qui accompagne un rite funéraire dans un district isolé de Java oriental] est le seul exemple vivant d’une gamme dont l’autre exemple est fourni par un instrument de musique préhistorique, en pierres, découvert en Indonésie par un jeune ethnologue français [l’auteur].

(L’exotique au quotidien. Georges Condominas. Plon 1965)
Sexes
Ce thème comprend 12 citations (les dernières que j'ai lues):
Corps cachés
Corps conflictuels
Corps entier
Féminité magique
Féminité masculine
Fusion des contraires
Hystérocratie
Masculin/féminin
Nudité négative
Nudité positive
Sexualité assumée
Sexualité négative


Il fait extrêmement chaud et lorsque nous atteignons (…) une source canalisée par un gros bambou, mes porteurs s’arrêtent, se déshabillent (…) en prenant soin de se cacher les parties de la main droite. Ces gens, dont le vêtement principal consiste en un simple cache-sexe, sont très pudiques, et leur geste, d’un grand naturel, n’a pas le caractère de pudibonderie, avec une arrière-pensée d’obscénité, que l’on rencontre chez nous.
(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)

Ainsi est-ce un caractère masculin secondaire, la barbe, qui répond à la nudité primaire des nombreuses statuettes féminines. Puissant marqueur visuel d’identité, la barbe (…) distingue, dès le premier tiers du IVe millénaire, un groupe d’individus mâles, qui devaient jouer au sein de la communauté, un rôle majeur et jouir d’un prestige certain.
(Guide de l’Egypte prédynastique. Midant-Reynes/Tristant. Institut français d’archéologie orientale 2025)


Cette âme « mortelle » n’est pas non plus d’essence spirituelle, tout au moins selon l’acception que nous donnons à cette expression et qui se justifie par notre conception du monde où s’opposent matière et esprit, corps et âme, à l’image d’une société héritière de modes de pensée façonnés, dès la plus haute Antiquité, par des sociétés marquées d’une opposition fondamentale entre esclaves et possédants.

(L’exotique au quotidien. Georges Condominas. Plon 1965)


… la fréquence du phonème [f] (féline, raffiné, femme infernale, fléau, fait, fait faire) qui suggère l’impression du travail feutré, perfide, auquel se livrent les sorciers…
(Désorceler. Favret-Saada. Gallimard 2024)

… la mariée de la pluie déambule dans le village. (…) La mariée, c’est un homme vêtu avec les fripes d’une vieille. On la mène en laisse et elle s’arrête devant chaque porte, criant vers l’intérieur de la maison. Sa tête est couverte d’un sac. Elle tient à la main un bâton dissimulé, au bout duquel est attachée une corde.
(Un village anatolien. Mahmout Makal. Plon 1963)

Ni vierges ni mères, ni femmes ni hommes, les Vestales tombent entre les diverses catégories de la sexualité, et c’est ce statut interstitiel qui les marque comme autres, comme sacrées.
(Corps des dieux. SSLD Malamoud/Vernant. Gallimard 1986)

… le chef (…) faisait une cour assidue à Dee et lui avait demandé de devenir sa seconde femme ; mais Dee ne le trouvait pas beau ; trop noir, « comme du charbon ».

(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)


On est alors au point culminant de la saison sèche, canicule qui précède immédiatement les premières pluies de la saison humide. (…) La seule qu’on ait à boire est celle, plutôt boueuse, que des garçons ont puisé dans le lit du ruisseau, où les filles viennent de prendre un de leurs nombreux bains de la journée.

(L’exotique au quotidien. Georges Condominas. Plon 1965)

Huitzilihuitl avait le cœur empli de chagrin en voyant sa fille, dont in avait arraché les vêtements, exposée au regard de tous, et à la honte.
(Le cinquième soleil. Camilla Townsend. Albin Michel 2023)


Et voici qu’un jour de forte chaleur nous sortîmes de notre refuge, l’endroit le plus frais de la véranda, pour voir un vrai Moï entrer chez nous. (…) Un homme nu, sale et fier, parlant fort une langue inconnue, franchissait le perron. (…) Je crois que ce qui nous a tous étonnés (sauf mon père, bien sûr) chez ce montagnard a été, autant que son absence de vêtements dans un tel endroit, son attitude très désinvolte.
(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)


Le garçon va retrouver [la jeune fille] la nuit (…). Évidemment, tout se fait avec le maximum de discrétion ; mais si les parents entendent les amoureux parlementer et passer à l’action, ils ne disent rien (…). Quand une fille est enceinte, elle dénonce son séducteur (…). On s’aperçoit qu’une fille est enceinte quand ses seins se mettent à pointer et que ses cheveux « se dressent ».

(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)

… des écrivains indigènes du XVIIe siècle décrivirent les châtiments brutaux que l’Église infligea aux hommes homosexuels.
(Le cinquième soleil. Camilla Townsend. Albin Michel 2023)