(27 janvier 2026)
(2 février 2026)

L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965
(29 janvier 2026)
Les trois dernières familles qui vivaient dans la communauté bédouine de Ras Ein al-Auja, au nord de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, ont démantelé leurs habitations et quitté ce campement, dimanche matin, en raison des actes de harcèlement répétés des partisans du mouvement pro-implantations, a fait savoir le groupe de défense des droits des Bédouins al-Bidar.
Selon des militants, cette communauté d’éleveurs comptait à l’origine environ 120 familles qui y vivaient depuis des décennies. Les familles avaient commencé à fuir en masse, ce mois-ci, après que des extrémistes juifs ont établi en décembre une nouvelle implantation à moins de 500 mètres du hameau – à proximité des pâturages de la communauté bédouine, selon le groupe israélien de gauche BTselem.
Des militants israéliens et palestiniens ont régulièrement signalé des cas de partisans du mouvement pro-implantations qui ont agressé des bergers et des militants, vandalisé des biens et amené leur propre bétail paître à Ras Ein al-Auja et dans d’autres communautés pastorales bédouines de Cisjordanie. Dans une vidéo qui a été diffusée aujourd’hui par al-Bidar, un partisan du mouvement pro-implantations pousse une militante israélienne, déjà âgée, au sol, apparemment sans provocation préalable, au sein de la communauté bédouine de Shakara, au sud de Naplouse.
Hier, un père et son fils originaires d’un avant-poste de la vallée du Jourdain ont accosté un berger bédouin alors qu’il emmenait son bétail paître dans un champ situé à proximité du campement de Farsiyya, selon Jordan Valley Activists, un groupe israélien qui accompagne les bergers bédouins dans la région.
Des images qui ont été partagées avec le Times of Israel montrent que l’extrémiste juif, d’un certain âge, était armé et qu’il portait un uniforme de l’armée israélienne.
Un porte-parole du groupe a affirmé que les partisans du mouvement pro-implantations ont agressé deux militants qui filmaient l’incident et qu’ils leur ont également volé leurs téléphones, dont au moins un a été retrouvé plus tard dans le champ. Le porte-parole a partagé des photos de l’un des militants qui présentait des ecchymoses au dos et au visage après que les extrémistes juifs l’ont frappé à coups de pied, lui cassant un doigt. Ils l’auraient aussi mis en joue avec une arme. L’activiste a été transporté à l’hôpital, a déclaré le porte-parole, ajoutant que la police était arrivée sur les lieux par la suite.
Il est difficile de dire si la police a procédé à des arrestations.
La police et l’armée israélienne n’ont pas répondu aux demandes de commentaires.
(Times of Israël 29 janvier 2026)
Illustration de ce qu’on pourrait appeler les contradictions de la situation coloniale ; me trouvant enfant au Vietnam, je n’y ai jamais entendu parler de l’histoire de ce pays, absolument comme s’il n’avait jamais existé avant l’arrivée des Français.
(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)
Cette longue marche des Vietnamiens vers le sud, à partir du Tonkin, s’est effectuée d’une façon remarquable par son processus d’absorption systématique et graduelle du pays par les troupes victorieuses. Dès qu’une province est arrachée par les armes au voisin malheureux, on y installe des colonies militaires, qui s’accrochent au sol, l’exploitent et le défendent contre un retour éventuel des anciens possesseurs. Les îlots de vaincus qui ont survécu à une conquête particulièrement brutale sont absorbés par les vainqueurs ; ils doivent se vietnamiser, pour continuer à vivre comme individus s’ils ne peuvent le faire en tant que groupes.
(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)
C’est ainsi que Cristobal (…) nommé ainsi d’après un saint du Vieux Monde (…), fut emmené, avec d’autres jeunes garçons, à l’établissement franciscain de Tlatelolco. (…) Lorsque Cristobal rentra chez lui quelques années plus tard, il (…) priait le dieu chrétien et s’habillait comme un Espagnol.
(Le cinquième soleil. Camilla Townsend. Albin Michel 2023)
Le tribunal d’Ashkelon a levé jeudi l’embargo sur le lien de parenté qui unit une personne suspectée dans le cadre d’une enquête en cours sur un réseau de contrebande de marchandises vers Gaza et le chef du Shin Bet, David Zini.
Une enquête est en cours sur cet « incident de sécurité de grande ampleur », notamment sur des allégations selon lesquelles « plusieurs suspects auraient transféré des marchandises d’Israël vers Gaza en échange d’argent », a indiqué la cour dans un communiqué. (…) Au début de la semaine, Haaretz a rapporté que cette enquête impliquait des soldats, des civils et des agences de sécurité dans un vaste réseau de contrebande.
(Times of Israël 29 janvier 2026)
… la guerre impitoyable livrée par Israël à la bande de Gaza et aux Palestiniens remonte bien plus loin que l’actualité immédiate. (…) l’histoire n’a pas commencé le 7 octobre 2023, comme certains médias occidentaux voudraient le faire croire, (…) la bande de Gaza prisonnière du blocus subit depuis 2007 une guerre intermittente sans merci, alors que la majorité de ses habitants sont eux-mêmes des réfugiés de la « Nakba » de 1948.
(Que ma mort apporte l’espoir. Libertalia 2024)
… il n’est pas inutile de rappeler les deux axes de la pensée religieuse des Japonais : le premier, c’est l’idée d’une identité foncière entre la divinité des montagnes et celle des rizières, et la deuxième, celle qui identifie yama no kami alias ta no kami aux esprits des ancêtres qui, dûment accueillis et entretenus (…) veilleront sur le bien-être de leurs proches habitant la plaine. (…) Pour descendre dans la plaine, ils prennent comme support matériel les fleurs…
(La sieste sous l’aile du cormoran. H.O. Rotermund. L’harmattan 1998)

Le fait de donner à un lieu le nom d’un arbre ou d’une plante est peut-être issu du paganisme germanique où arbres et végétaux faisaient l’objet d’un culte très important lié aux divinités vanes...
(Nos ancêtres les Francs ? Patrick Ettighoffer. L’Harmattan 2025)
L’étrange, en définitive, est que cette intrusion constante de l’irrationnel (…) dans le temps et l’Histoire ait toujours su se concilier avec le besoin et la nécessité du rationnel. En chaque Grec, ces deux mondes n’ont cessé de coexister sans que jamais il se sente ni déchiré ni écrasé par l’un des deux puisque, derrière l’arbitraire et l’énigme du monde, il inventa les signes qui leur donnèrent un sens.
(L’été grec. Jacques Lacarrière. Plon 1975)
… le mort égyptien n’appartient pas au néant (…). Le défunt devient (…) un agrégat d’aspects juxtaposés (…) dont il faut absolument préserver l’association. (…) Le corps tout d’abord, qui tient lieu d’image du défunt. (…) Mais un corps et un nom tout seuls ne sauraient bouger outre-tombe. Il faut pour cela de la force : c’est le ka (…). On le personnifie parfois sous la forme d’un homme figuré à côté de l’homme lui-même, ce qui l’a fait qualifier de « double » du défunt par les anciens égyptologues.
(Le monde par les Hiéroglyphes. Christophe Barbotin. PUF 2025)

… l’Edda Poétique, rédigée en vieux norrois (IXe – XIIe siècles) nomme la résidence de la déesse Frigg (épouse d’Odin/Wodan) probablement héritière de la Grande Déesse de la fertilité-fécondité du néolithique, Fensalit, c’est-à-dire « la salle des marécages ».
(Nos ancêtres les Francs ? Patrick Ettighoffer. L’Harmattan 2025)

Rien n’est plus dangereux qu’un esprit errant ! Pour communiquer avec les morts, on pouvait leur écrire de véritables lettres sur des supports variés (bol, jarre, tissu, stèle, statuette, papyrus) afin de les faire se tenir tranquilles ou au contraire pour qu’ils défendent mieux les survivants de leur maisonnée.
(Le monde par les Hiéroglyphes. Christophe Barbotin. PUF 2025)
… le Capitole était dédié à trois dieux romains nommés Jupiter, Junon et Minerve, basés sur la triade étrurienne traditionnelle de Tinia, Uni et et leur fille Menrva. Cette configuration est très différente des individus et des couples vénérés dans les cités grecques et d’Asie occidentale.
(Et le monde créa l’Occident. Joséphine Quinn. Seuil 2025)

Sur le seuil, de chaque côté de la porte, deux grosses racines de fougère noire, taillées en gueules de boa furieusement ouvertes, avec le dard (une radicelle) pointé, et ornées de dents taillées dans des lamelles de bambou. On les a mises là « pour faire sentinelle », me dit Kraang (…). « Nous peur attraper maladie » et je note la phrase mnong équivalente : trôok khee devient « attraper maladie ». En fait, ces deux mots signifient littéralement « ciel-lune », et ainsi accolés désignent « l’épidémie ».
(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)
Sa mère avait sans doute enterré son cordon ombilical près du foyer, comme le faisaient presque toutes les mères parlant le nahuatl. Elle avait dû prononcer une prière telle que: "Tu seras le cœur du foyer. Tu n'iras nulle part. Tu ne seras pas une vagabonde. Tu seras le feu qui couve, les pierres du foyer."
(Le cinquième soleil. Camilla Townsend. Albin Michel 2023)
Le ciel et la terre sont le père et la mère de tous les êtres. Par leur union, ils forment le corps ; par leur séparation, on retourne à l’origine. Ainsi, qui garde l’intégrité de son corps et de son âme sait s’adapter à toute circonstance changeante.
(Oeuvre complète. Tchouang-tseu. Gallimard 1969)
Sur le seuil, de chaque côté de la porte, deux grosses racines de fougère noire, taillées en gueules de boa furieusement ouvertes, avec le dard (une radicelle) pointé, et ornées de dents taillées dans des lamelles de bambou. On les a mises là « pour faire sentinelle », me dit Kraang (…). « Nous peur attraper maladie » et je note la phrase mnong équivalente : trôok khee devient « attraper maladie ». En fait, ces deux mots signifient littéralement « ciel-lune », et ainsi accolés désignent « l’épidémie ».
(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)
L'aire sacrificielle est hors du temps et de l'espace ou, plutôt, elle est - d'indicible façon - le Ciel des Dieux et l'éternité.
(Mythes et légendes extrait des Brâhmanas. Jean Varenne. Gallimard 1967)
Sa mère avait sans doute enterré son cordon ombilical près du foyer, comme le faisaient presque toutes les mères parlant le nahuatl. Elle avait dû prononcer une prière telle que: "Tu seras le cœur du foyer. Tu n'iras nulle part. Tu ne seras pas une vagabonde. Tu seras le feu qui couve, les pierres du foyer."
(Le cinquième soleil. Camilla Townsend. Albin Michel 2023)
C'étaient les épouses et les filles des Chontales qui faisaient le plus gros du tissage, et non les femmes esclaves. La création d'étoffes, de tapisseries, était une tâche sacrée, chérie des dieux.
(Le cinquième soleil. Camilla Townsend. Albin Michel 2023)

En fait, j’avais constaté que, là où je me sentais vraiment vivre, c’était en « vadrouille », lorsque j’arpentais les sentiers de montagne et que je séjournais dans des villages étrangers à ma propre culture (…) l’obligation où l’on se trouve, pour des raisons matérielles, de se mêler à la vie de ces paysans, si différents de nous extérieurement, nous laisse entrevoir la possibilité de saisir l’homme sous la gangue de l’exotisme.
(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)
A la fin de chaque couplet, ils me demandent de relire : hilarité générale (…). J’interroge le sous-chef, il me répond qu’au contraire c’est très bien. (…) Leur joie venait tout simplement du fait qu’ils entendaient un Européen réciter une chanson mnong gar, ce qui ne s’était jamais vu jusque-là.
(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)
… dans le Bocage des années 1970, rien n’était jamais dit d’un quelconque processus d’initiation attestant publiquement qu’une transmission de savoirs et de pouvoirs symboliques avait eu lieu : voilà qui constitue une différence fondamentale avec les sorcelleries africaines, par exemple, pour lesquelles l’initiation se fait dans une maison construite à cet effet, où elle est mise en œuvre pour un groupe entier d’initiants, et sous le regard de tous les initiés du village.
… le sorcier ne serait jamais comblé, il éprouverait une avidité illimitée pour les biens d’autrui, même s’il n’en a nul besoin : il vit dans un monde où il n’y a pas de place pour deux.
(Désorceler. Favret-Saada. Gallimard 2024)
On oublie que le métissage, en milieu colonial, est un problème sociologique. Ce ne sont pas tellement les caractères biologiques ou culturels des deux groupes en présence, qui sont en jeu, que leurs situations respectives de domination et de dépendance. La principale préoccupation du métis sera de faire oublier son appartenance partielle au groupe dominé, pour s’affirmer à tout prix comme membre de plein droit du groupe dominant, auquel il donnera tous les gages de loyalisme qu’il sera en mesure de fournir.
(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)
… un véritable moine-chevalier, toujours prêt à faire le coup de feu contre les Joraï ou contre les Sédangs menaçant la collectivité catholique installée en pays bahnar (…). Mais le rêve du missionnaire et sa réalisation ne pouvaient prendre qu’une forme paraguayenne : l’État théocratique créé en Amérique du Sud par les Jésuites demeurait l’idéal auquel tendaient les missionnaires français.
(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)
… l’État vietnamien prendra l’Empire du Milieu pour modèle, et le recrutement des fonctionnaires ainsi que la vie socio-politique copieront ceux de la Chine. (…) Désormais, pour la classe dirigeante, tout modèle, pour être valable, doit pouvoir se recommander d’une origine chinoise, sous peine d’être rejeté comme « barbare ».
(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)

Puis l’un d’eux me demande mon grade, puisque j’ai dit cet après-midi que je ne suis pas anglais. Je réponds que je n’en ai pas (…). Cela aussi les étonne (…). Chez les Français, il y a toujours un ordre hiérarchique. D’autre part, je ne suis ni planteur, ni commerçant. Et puisque je ne viens pas pour leur donner d’ordres, ni les recruter pour l’armée ou la plantation, et que je ne tiens pas boutique (…), je ne puis être qu’anglais, comme le pasteur de Ban Mé Thuot, le seul homme de cette nationalité qu’ils connaissent.
(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)
Les tombes et les offrandes faites au mort rendent visibles à l’archéologie ce moment où l’homme, prenant conscience de sa finitude, s’est démarqué radicalement du monde animal. Les plus anciennes inhumations attestées à ce jour proviennent de la grotte de Qafzeh, en Israël, et remontent à environ 100000 ans.
(Guide de l’Egypte prédynastique. Midant-Reynes/Tristant. Institut français d’archéologie orientale 2025)

… les jeunes m’expliquèrent que la langue poétique est différente du langage ordinaire, qu’elle est difficile à comprendre. (…) On m’expose qu’à côté des prières il y a les « dits de justice », les chansons (autrement dit que, à côté de la langue liturgique, il existait une langue juridique, une autre spéciale aux chansons).
(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)
On est en droit de penser que les croyances anciennes au Japon englobaient les deux visions du monde que Motoori Norinaga avait soulignées, a) une sorte de déification des forces et phénomènes de la nature, aboutissant à une vénération de la nature, et b) une attitude animistique qui reconnaît derrière tout phénomène l’existence de potentiels spirituels agissant. (…) [Des] forces génératrices résidant dans divers phénomènes de la nature, étant foncièrement cette nature, on retiendrait aussi le terme kuni-dama [esprit du sol]. Ce genre de « force » et de « principe » vital, actif, divin, anime la nature tout entière, comme l’atteste les textes : « Arbres et plantes, touts, sans exception, parlaient » (Nihongi).
(La sieste sous l’aile du cormoran. H.O. Rotermund. L’harmattan 1998)
(…) le crocodile est entré dans le bestiaire égyptien avec une image ambivalente, entre détestation et respect. (…) Mourir englouti, emporté sous ses crocs n’était pas pour tous un malheur, car le crocodile, gardien du fleuve, relevait pour certains de la divinité et fut porté au panthéon des dieux d’Égypte.
(Guide de l’Egypte prédynastique. Midant-Reynes/Tristant. Institut français d’archéologie orientale 2025)
(…) le sujet de la connaissance rationnelle tend à projeter son reflet dans son objet, à se représenter l’homme à son image. Et ce n’est certainement pas en qualifiant d’« affectif », d’« émotionnel » ou d’« irrationnel » le versant de l’être humain qui lui échappe que le sujet de la connaissance combat efficacement sa propre méconnaissance. (…) Les contes, précisément à cause de leur paganisme (…), échappent pour une bonne part au cadre de la pensée occidentale.
(La pensée des contes.François Flahault. Economica 2001)
… Fleur de Bouclier s’enorgueillissait de descendre des Chichimèques, ces barbares venant du nord, plus que d’être l’héritière de la culture des planteurs de maïs et des gardiens du calendrier qu’ils avaient épousés. A sa mort, elle s’écria qu’elle était une jeune guerrière. L’histoire qu’on lui avait enseignée (…) était centrée sur les émigrants, et non sur ceux qui avaient occupé la vallée avant leur arrivée.
(Le cinquième soleil. Camilla Townsend. Albin Michel 2023)
Mon travail montre que les locuteurs du Bocage se disant ensorcelés ou désorceleurs se comportent en véritables athlètes de la traduction « culturelle », passant constamment d’une ontologie à son antagoniste.
(Désorceler. Favret-Saada. Gallimard 2024)

… la terreur qui emplissait tout un chacun à l’idée de présenter des pièces musicales devant le souverain, car un interprète incompétent risquait d’être châtié.
(Le cinquième soleil. Camilla Townsend. Albin Michel 2023)
… l’état d’un miir [espace cultivé] à l’époque des semailles a quelque chose d’affligeant comme toute dévastation ; on ne voit qu’enchevêtrement de troncs et souches calcinés, sur un sol mis à nu. La forêt a été saccagée par les hommes, et ses dépouilles ont été incendiées. (…) Aucune impression d’accord entre elle et l’homme, mais de combat.
(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)
Mise à jour le 2 février 2026
| moi | eux/elles |
| animaux | |
| maître(sse) | Vous allez pas v’nir tous les jours, fils de p--- ! |
| dominateurs(trices) | |
| référent | Mais vous vous rendez pas compte comme c’est violent ç’que vous faites ! |
| élèves/enfants/exécutants | |
| camarade/ami | C’est déjà fini l’toubib ? |
| commentateur | Alors, heureux d’aller se promener, avec le porte-monnaie ? |
| maître(sse) | C’est pas loin, allez ! Essaie d’nous doubler ! Vous avez mangé ? Vous voulez que j’appelle la police ? Je vous demande de vous en aller s’il-vous-plaît. |
| protecteur | C’était pas la peine de r’passer. |
| référent | Vous allez pas vite ! Non j’rigole. |
| inadaptés | |
| ascète/monade | Vous pouvez pas vous séparez un peu ? Vous êtes toujours les quatre collés ensemble, vous vous séparez jamais. |
| référent | I’ faut vous bouger l’c-- ! Faut aller bosser ! |
| malades | |
| référent | Qu’est-ce que vous avez tous aujourd’hui ? |
| occupés | |
| inquisiteur | Vous allez où ? Vous allez où en fait ? |
| victimes | |
| référent | Mais vous, bosser dans des conditions comme ça, non. |
Mise à jour le 2février 2026
| moi | eux/elles |
| animaux | |
| maître(sse) | J’nourris mes bébés. |
| ascètes/monades | |
| commentateur | Ils se suffisent à eux-mêmes. |
| bon(ne)s paroissien(ne)s | |
| référent | Mais ê’z’ont des maris. |
| camarade/ami | |
| camarade/ami | Et Sophie, comment ê’ va s’habiller ? |
| dominateurs | |
| commentateur | Ils sont en train de grignoter des parts de marché |
| victime | Dépêchez-vous, l’autre là, elle bouge pas son gros c--, cette pu--, vite, il faut pas qu’ils l’emmènent en prison, je suis crevée, je sais même pas si je vais réussir à parler ! |
| élèves/enfants/exécutants | |
| commentateur | C’est la guerre (rires) |
| élève/enfant/exécutant | Allez Marseille ! |
| protecteur | Tes sœurs, i’faut qu’tu les surveilles ? |
| référent | Ils le savaient à l’embauche, tu peux faire des journées de 7 heures comme des journées de 10 heures. Y a rien eu… A part les embouteillages et les gens qui sont incapables… Moi, j’appelle les mômes mioches ou têtes de pioche. |
| étranges/étrangers/différents/autres | |
| référent | Ca y est, c’est parti, un jour sans les autres ! |
| victime | J’étais partie avec Sonia et pi y a des mecs qui sont arrivés. |
| inadaptés | |
| référent | Elle est pas bien futée la pauvre, c’est l’moins qu’on puisse dire. Et son abruti d’mari… |
| maîtres | |
| observateur | I’ vont faire un beau truc. |
| victime | je suis allergique au talc. Ils en mettent dans les gants. C’est pour ça qu’avec les boissons, i’ font ç’qu’i’ veulent. C’était bien protégé et y’z’ont trouvé l’moyen d’faire une grande tranchée en plein milieu. |
| malades | |
| référent | Les mecs, c’est des chauds lapins. Ben alors, pi quoi encore ? |
| occupés | |
| commentateur | Quand y z’arrivent, y font leurs trucs, après y s’y mettent. |
| référents | |
| inadapté | Ça m’casse les cou-----, j’en ai plein l’c-- de ç’te ville. |
| victimes | |
| référent | Maintenant on utilise les gens. C’était moins cher avant. On vole les gens, on ne sait pas où va l’argent. |
Mise à jour le 2 février 2026
| moi | lui/elle |
| animal | |
| bon paroissien | Il a toujours des croquettes à disposition |
| enfant | Oiseaux ! - un crocodile |
| ascète/monade | |
| victime | Il a dépensé tout l’argent du grand-père. |
| camarade | |
| camarade/ami | Tu t’es réconciliée avec elle. Elle s’est mariée dans l’année. Mon pote, il a 40 ans, c’est pareil. Khaled, il est pas v’nu. |
| dominateur | |
| commentateur(trice) | Mon mari avait un rendez-vous, il va la chercher à l’école, le directeur i’ sait pas où elle est, et pi i’ dit : « Elle est à la piscine. » Mon mari i’ dit : « Vous vous foutez d’ma g----- ! Elle est dispensée de sport pendant trois s’maines ! J’vais écrire à l’inspection académique ! » Maman dit beaucoup de choses. |
| élève/enfant/exécutant | Ma mère ê va m'défoncer. |
| protecteur | Attention je jouerais pas avec les nerfs de Serge ! C’est un dur ! |
| enfant/exécutant | |
| camarade/ami | C’était son anniversaire. C’était super. |
| commentateur | Ben tu sais, il est comme ça, Jean-Marc, i’ faut qu’i’ fasse ses 1500 pas par jour ! Il a tapé le chien avec le bâton ! |
| protecteur | Il s’est perdu. Je n’ai pas le numéro. |
| référent | Je ne sais pas comment il vit. Y fermait le jeudi après-midi. C’est celui qui fait le ménage. Ca fait un an qu’i’ dit qu’i’ veut rentrer des États-Unis avec sa copine. Elle parle bien pour son âge. Y a des enfants qui sont avancés pour leur âge. L'patron i' m'a dit que j'pouvais m'garer là avec les warnings. |
| victime | Avec elle, je rame, elle pleure tout le temps. Mon fils, i’ va m’voir arriver, i’ va dire : « Qu’est-ce que t’as fait ? » J’vais lui dire : « Chuis tombée. » J’peux pus lui mentir, ça m’fait ch---. |
| étrange/étranger/différent/autre | |
| camarade/ami | I’ m’a envoyé des photos de lui, enfin de lui, des paysages… |
| référent | J’dis ça parç’que c’est une meuf. Il marche sur des œufs. … j’ai pas envie d’m’y mettre, c’est compliqué, c’est son point d’vue à lui… C’est l’genre de mec qui… Et ta sœur, c’est la SNCF ? Ta cousine, c’est l’TGV ! |
| témoin | C’est lui ! Ah oui ! Put--- j’le vois ! |
| victime | I’s’fout d’ma gu---- ! I’ sait pas sur qui il est tombé. J’vais pas le lâcher. J’ui ai dit : « Tu touches pas à mes affaires ! » (3x) I’ m’a pris deux billets de 500. J’ai pas envie d’attendre des heures au commissariat pour une main courante. J’vais lui casser les dents. J’vais l’ni----. Il vit par ici, lui, maintenant ? C’est un All’mand, il est pas comme les autres. |
| inadapté | |
| inquisiteur | Y a rien qui retient et en plus elle tortille du c-- |
| référent | Il a pas l’habitude. Elle a pas passé la raclette ! (plusieurs fois) Elle a choisi une église à perpette les andouillettes Elle est insupportable. J’ui ai dit : J’veux bien appuyer ta demande, mais t’es sérieux ! Ben c’est pas habituel. Je vais lui dire gentiment ç’que j’en pense. Bon, allez ! J’te laisse. J’vais r’joindre mon tortionnaire (rires). Put---, ç’ui là faudrait r’faire le code (rires). |
| victime | ‘l’était pas obligé d’le dire à voix haute. |
| maître | |
| élève/enfant/exécutant | C’est le juge qui décide. Le prof, avant il était genre coach pour les petits… Mon père, il a créé la SNCF ! Ben moi, elle m’a payé mon voyage, moi. |
| référent | le patron, c’est un sal---. |
| malade | |
| soignant | J’ui ai dit : « Je vais vous aider. » Elle m’a attrapé le poignet et m’a dit : « Ca va aller ! » |
| occupé | |
| commentateur | Il a dit qu’il va aller chez Marie-Claire. |
| ascète/monade | Ben i’m dit : « Moi j’finis à 2 heures du matin. » Mais moi j’m’en f---. |
| référent | |
| élève/enfant/exécutant | J’espère que ça va lui faire plaisir, à ma mère. J’ai pensé à lui faire un cadeau. Et Marie, ê sait où on va ? Ma mère, ê m’a dit… Maman, elle a dit ! |
| inquisiteur/trice | Lui, il est pas gay. |
| soignant | |
| malade | J’ai demandé une autre sage-femme. |
| victime | |
| dominateur/trice | Je lui ai piétiné. Ma mère l’a lavé. |
| témoin | Il n’y a rien à voir du tout, il en a pris plein la gu----. |
Mise à jour le 2 février 2026
| Je suis un ascète, une monade coupée des autres | |
| autonome | Non maman ! |
| illuminé | Si je le fais, ce sera pour l’amour de dieu, pas pour un homme. |
| infatué | Je sais que j’ai raison de pas dire oui. Je suis fier de ce que j’ai fait. J’ai toujours préféré galérer seule, mais toute seule, plutôt que… |
| psychotique | J’avais peur de me transformer comme eux. |
| Je commente ce que je fais | |
| capable | Moi je tiens l’alcool. J’ai pris un imperméable, il va pleuvoir ce matin. Moi, j’étais partie (2x) marcher avec le sac plein. |
| insomniaque | J’me suis réveillé à une heure du matin… |
| itinérant | Je suis allée chez (?), j’ai retrouvé (?) et ses potes, on est allé chez (?) Je vais à Aix-les-Bains par la nationale, j’en ai pour 3 heures et demi. Je vais à la manif Gaza. Je vais à la fête J’vais t’raconter mes vacances Du coup, chuis passée par là, voilà. … quand j’étais sur Nantes. |
| patient | j’attends |
| prévenant | Je vais descendre bientôt. |
| sensible | Je m’étais assis au soleil pour me réchauffer parce que je suis en short, mais il fait trop chaud. |
| surprenant(e) | J’ai été prise d’un fou rire ! |
| J’ai des connaissances | |
| J’ai de l’expérience | 25 ans de crèche, j’connais bien les enfants. |
| Je suis délaissé | |
| enfant | Je suis monté dans le bus mais quand je suis descendu j’ai vu que mon père n’était pas là. |
| femme | Je suis la seule meuf qui n’a pas reçu de message. |
| SDF | Je suis seul, adoptez-moi ! |
| J’exécute les consignes, règles, injonctions… | |
| J’ai une activité physique | La pleine santé ! C’est le vélo ! |
| J’obéis à la police | J'm'en vais tout d'suite. D'accord j'm'en vais tout d'suite. |
| Je m’organise | Faut qu’je pense à prendre à boire |
| Je maîtrise les outils numériques | Attends, j’regarde sur Internet. J’ai regardé sur internet… la climatisation chaud-froid dans les trains… |
| Je respecte les règles hygiéniques | Il faut qu’j’me pèle. Je me suis lavée. |
| Je respecte les règles ménagères | Il faut que je fasse une lessive. ’ai fait du ménage. |
| Je respecte les règles sanitaires | Pour les fêtes, c’est ma santé d’abord. |
| Je respecte les règles vestimentaires | Si je mets une jupe ou une robe, je ne peux pas garder mes baskets ! Faut qu’je m’achète des collants. |
| Je suis conforme | Ben moi aussi |
| Je suis jeune | Non chuis pas un ancien ! |
| Je suis poli | Je m’excuse de vous avoir déranger pour cela, je vous remercie... |
| Je suis un bon consommateur | Chuis contente, j’ai mon mascara ! J’ai mangé ma douzaine d’huîtres. Acheter ce qui me fait plaisir. J’ui ai dit : « J’ai mangé des bonbons ! » |
| Je suis inadapté | |
| asocial | 2 minutes, put--- fait ch---, chuis pas bien, chuis pas bien. |
| étranger | Je suis de la campagne. |
| inadapté | Non, p’t-être que si, chais pas. |
| inorganisé | J’ai oublié mon argent, ça commence bien ! J’ai pas d’sac pour faire les courses, j’vais r’monter à la maison. J’dois 500 balles mais j’peux pas r’tirer sur mon compte en Suisse. |
| Je suis malade | Chui pas bien dans ma tête. Je suis malade. On est plusieurs dans ma tête, ça se bouscule. C’est la première fois qu’je sors depuis une semaine. |
| Je suis occupé par | |
| ma famille | Quand on arrive à la maison, je t’appelle. |
| mes déplacements | Je n’ai dormi que trois heures cette nuit J’vais l’em’ner chez moi. … j’ai emmené les affaires chez moi. En fait j’y vais là. Chuis jamais rentrée là. J’commence juste à charger, faut qu’je passe à la poste avant midi. |
| mon activité physique | J’ai fait un stretch. (rires) |
| mon travail | Lundi je serai dispo à partir de 11 heures. Demain je commence à 7 heures moins le quart. J’ai des heures à récupérer. |
| Je suis psy de moi-même | |
| Je connais mes besoins | Mais c’est ce dont j’ai besoin. |
| Je suis mon propre soignant | |
| Je connais le traitement qu’il me faut | J’ai mal à la tête, il me faudrait de l’ibuprofène, on va dans une pharmaç’ ? Il faut vite que je me lave les mains, je suis allergique au talc. |
| Je respecte la thérapie | Il faut que je parle à voix haute, avant, je parlais dans ma tête, ça restait bloqué, c’est pas bon. |
| Je suis témoin | |
| J’informe les autres | Une fois, j’ai vu passer un bus tout droit, je n’avais pas fait signe |
| Je suis une vedette | |
| Ma date de naissance est connue | Hier, c’était mon anniversaire, en plus, c’est tout en même temps ! |
| Mon nom est connu | Vous me connaissez ? Je suis Ahmed le Syrien, agent de la chaise. Mondial ! |
| Je suis une victime | |
| accablé | J’en pouvais plus. J’me suis fait niq--- par plein d’gens, j’y connaissais rien, moi. |
| blessé | Je suis tombée, je me suis retenue par le poignet, et j’ai une entorse du poignet. |
| J’ai souffert | Mon accouchement, j’avais 17 ans, c’était très dur. |
| Je souffre | J’ai mal au dos. |
| persécuté | J’ai fait 14 ans de prison et 14 ans d’hôpital psy, j’ai été enfermé 28 ans ! |
| traumatisé | J’ai eu du mal à m’en remettre, je dormais, il m’accrochait en haut, ma mère avait peur |
Mise à jour le 2 février 2026
| moi | nous |
| camarades/amis | |
| camarade/ami | On va s’faire un barbec’, vous venez ? Libérez nos camarades ! On est parti vers dix heures et demie. On a voulu aller au resto, tout était fermé. On s’est souhaité joyeux Noël. |
| dominateurs | |
| dominateur | On va b----- une boiteuse, ou une crasseuse. |
| élèves/enfants/exécutants | |
| commentateur | On est les meilleurs. On a fini de manger, on r’tourne au boulot. |
| élève/enfant/exécutant | …fallait contacter quelqu’un pour définir comment on allait communiquer. J’crois qu’on est allé trop haut. Nous sommes payés pour appliquer les consignes, monsieur. On n’est pas déjà passé dans ç’coin là ? – Chais pas, p’t-êt’ bien. |
| référent | On a été les premiers à avoir les bornes d’affichage. On a tous vécu la même période. Sinon on était obligé de creuser ici. On y va à 10 heures. On n’a pas l’droit. |
| inadaptés | |
| référent | La maison, le boulot, les enfants, on peut pas être sur tous les fronts. On va être en r’tard pour le film. |
| malades | |
| psy | Ben oui, i’ faut bien s’faire plaisir |
| occupés | |
| commentateur | On en est au dessert. |
| maître(sse) | Tu vas avoir 18 ans en août. Il faut qu’on se fasse un resto. |
| occupé | On est allé marcher au bord et on a dormi. On a dormi. |
| référent | On ira manger là-bas. Il faut connaître. Si on rentre en train… |
| référents | |
| commentateur | Faut r’connaître, on n’est pas racistes. |
| victimes | |
| commentateur | On peut pas s’habiller court. On peut pas s’habiller sexy. Tout à l’heure, on crevait de chaud. |
Mise à jour le 2 février 2026
| moi | toi |
| ascète/monade | |
| camarade/ami | Je ne comprends rien à ce que tu me dis. Je te dis oui mais tu répètes exactement la même chose, je ne comprends toujours rien, mais ça doit être simple pour toi. |
| camarade/ami | |
| camarade/ami | T’as pas envie de changer d’air ? Merci pour le sourire Ben tu vois, ça fait passer le temps ! Je ne serai pas loin de toi ! Qu’est-ce que tu fais à manger ? Hé ! T’es rev’nu ? T’as repris ? Ca te fait marrer, ça ! Ca va, Jean-Mi ? J’te vois souvent sur Tik-Tok. Y sont beaux tes ch’veux ! C’est toi ! T’as 75 ans et t’es toujours dans l’truc ! Et toi, comment tu vas t’habiller ? J’ai pensé à toi. (rires) Toi tu penses que… ? |
| inquisiteur | T’as quel âge ? T’es un ancien ? Et tu vas où lundi ? Tu changes pas de jean ? |
| protecteur | Tout va bien ? |
| psy | C’est bien de se ménager un temps… |
| dominateur | |
| camarade/ami | Tu m’as dit que tu voulais aller là-bas. |
| élève/enfant/exécutant | |
| dominateur | Il faut que t’achètes des croquettes. Tu fais comme tu veux mais j’ai pas besoin de voir ton c--. Mais dégage ce sac de là, bon dieu, tu fais que des conne----, t’arrêtes pas, j’en peux plus. Appelle-le pour lui demander… Achète Télé -… Tu as de la morve ici. |
| élève/enfant/exécutant | J’ai les deux fichiers. Je voulais juste m’assurer que c’était OK pour vous. Ca roule. y’aurait pas moyen qu’tu m’fasses une copie d’écran ? Regarde, il faut continuer de tourner autour ! |
| inquisiteur | tu veux pas genre la lâcher ? A qui tu parlais ? T’es garé en bas ? Tu vas où ? Et qu’est-ce que t’as fait hier ? Tu vas t’promener où ? |
| maître(sse) | Tu vas le mettre où le vélo ? Lève-toi s’il-te-plaît C’est non. Si tu réfléchis Mets la main ! Bonjour pour le lundi, il faut dire bonjour ! C’est assez comme ça ! Tu pourrais t’changer Tu pourrais réfléchir quand même. Ben non, on n’est pas chez nous ! Ah ! Mais parle français ! Ca va pas non ? T’arrêtes ! |
| protecteur | Fais attention, roule pas comme un fou ! Viens ici, au soleil, tu seras mieux au soleil ! |
| référent | … tu vois, une offre attractive, et en plus… Tu envoies tes nouvelles coordonnées, c’est pareil, en fait. il faut faire signe au bus, sinon il passe tout droit. T’as pas le choix. Tu rentres dans la chambre et t’allumes la télé. C’est pas intéressant. Ben i’ faut qu’t’envoies un mail à la poste. Je sais qu’t’en a marre. T'es conscient de ç'que tu fais? |
| étranger | |
| référent | T’as les avantages de la France… |
| occupé | |
| camarade/ami | Tu as fini ? |
| référent | |
| élève/enfant/exécutant | Je vous paie en liquide aujourd’hui. Je ne sais pas si j’ai l’appoint. Vous pouvez m’expliquer ? c’est autorisé dans ce sens ? Et pour l’adresse, je mets B. ? C’est la r’prise (2x) Combien i reste ? 2 minutes Combien y a d’arrêts jusqu’à Oratoire ? |
| victime | |
| bon paroissien | Je vous ai réveillé, je m’excuse. |
| protecteur | Faut bien qu’y ait des avantages. |
Mise à jour le 2 février 2026
| moi | ...j’inspecte les lieux |
| commentateur | T’as vu les pneus ? Ca frotte. Là c’est plus le style. |
| ...je parle du corps | |
| bon(ne) paroissien(ne) | Ca cache les seins. |
| commentateur | E’ nous a dit : « Il y a éééénormément de gastros ! » |
| élève/enfant/exécutant | Tu sais, quand on met un pantalon noir… |
| maître(sse) | Ne regardez pas. |
| référent | Des chaussures jaunes, t’imagines, genre jaune poussin ! C’est malpoli ! J’imagine la scène (rires) |
| ...je parle du dominateur | |
| bon paroissien | C’est grâce à Dieu. |
| commentateur | On sait pas, la vie c’est un mystère. |
| élève/enfant/exécutant | Ben appelez la police. |
| inadapté | On va voir si la police ê’m’recherche. |
| ...je parle de l’environnement | |
| commentateur | Quel temps i va faire demain ? C’est beau. Y a des pommiers, des cerisiers… |
| élève/enfant/exécutant | Petit chat, pas toucher ! Pourquoi ? |
| référent | Ca sent mauvais Vous avez d’la chance, y en a une qui marche. Celle-là, ê marche pas. |
| victime | Avant y avait pas ça. Stop à l’urbanisation ! Mais ê vient d’où, ç’te mer-- ? Y en a marre des pigeons, pourquoi on n’a pas des écureuils comme au Canada ? |
| ...je parle des lieux publics | |
| camarade/ami | La lumière de l’ascenseur fonctionne de nouveau. |
| commentateur | Y en a des habits ! Des monceaux ! Y a ça aussi à Nancy. C’est un métier ! Au marché de Noël, c’était joli ! C'est moyenâgeux. |
| élève/enfant/exécutant | Chuis arrivée, c’était marqué : rue des …, mais y a pas cette rue. Ah, c’est là ! Comment ça s’appelle maintenant ? |
| référent | Ben oui, il est grand, le musée On a une belle ville. on peut acheter des kimonos, là-bas. C’est la capitale de l’horlogerie. Le centre ville, c’est pas ouf ! Y a des toilettes là-bas. |
| victime | On voit pas la lumière. |
| ...je parle des lois, règles et consignes | |
| commentateur | Ca pourrait être moins cher. Y doit avoir un quota. I’ vont dématérialiser la carte Vitale, le problème, c’est qu’tous les méd’cins sont pas équipés. … le problème, c’est qu’c’est au mois de mars… … encore 4 minutes… Deux à trois minutes. - Mais toi t’es optimiste, moi j’dirais cinq minutes – A 13 heures 55. Chacun fait comme i’ veut. |
| élève/enfant/exécutant | Il est pas marqué ! C’était marqué sur le contrat Ben oui, c’est comme ça ! J’avais réservé… Y a un risque… Le métro, c’est la SNCF ? – Le métro, c’est pas la SNCF! Le métro, c’est la RATP ! Y a la bande jaune pour les livraisons. |
| maître(sse) | C'est interdit là. Ici c'est clair'ment non. C'est pas marqué "livraisons". |
| référent | C’est vrai qu’c’est pas bien marqué là-bas. C’est le terminus. C’est ouvert le lundi. C’est l’adresse qu’est marquée sur la fiche de paie, pas d’soucis. Y fallait descendre à l’autre arrêt. Par là c’est bon Mais maman, on n’est plus en 1950 ! On ne prend plus le train quand on veut, pour aller où on veut ! C’est pour les gamins C’est pas bon – Ben oui, c’est pas bon Y a un moment, faut choisir. Faut faire attention ! T’achètes un truc à deux cent mille euros, tu mets quatre-vingt mille… Parce qu’on ne sait pas… C’est compris dans votre salaire. Le complément, c’est la mutuelle. Y a des limites quand même. |
| victime | Il y a des fraudes partout. |
| ...je parle des loisirs | |
| référent | Ben mer--, c’était un film de mer--. Les festivals, après, ça sera fini C’est de la mer--. |
| ...je parle de la maison | |
| maître | J’ai pas envie de faire tourner la machine tous les deux jours. |
| référent | Ca c’est les couches. Ca s’appelle une montre à gousset. l faut la brancher. |
| … je parle des mots | |
| référent | Ah ! C’est un beau prénom ! Ayoub, c’est un prénom arabe ! |
| ...je parle des objets de consommation | |
| élève/enfant/exécutant | C’est l’autre en noir, là-bas. Des myrtilles – Oui, c’est ça, des myrtilles. Elle monte à 60, bichette. |
| ...je parle du passé | |
| référent | Je me souviens, une fois… |
| ...je parle du travail | |
| élève/enfant/exécutant | Vous avez la télécommande ? Maint’nant, chuis censé faire ç’que j’faisais avant. |
| inadapté | Y a pas un bord-- pour nettoyer ce machin, bon dieu ? J’aurais dû penser à vous vendre des timbres, ça va plus vite. Je n’ai pas pensé. |
| maître(sse) | Faut tirer ! Faut rel’ver l’défi, faut tout enfiler en deux s’maines. |
| référent | Ça va pas tenir. je crois que c’est la commande N’achetez jamais d’échelle comme celle-là. C’est lourd et ça monte pas plus haut qu’un escabeau ! Moi, j’aurais changé la porte. I’ faut mettre de l’essence… du benzine. |
| … je parle des vacances | |
| commentateur | C’était super. Y avait un jacuzzi. C’était super. C’était super. C’était une maison isolée. C’était super. |
Nous franchîmes une véranda pas très reluisante, et pénétrâmes dans une large pièce, plutôt sale. A ma stupéfaction tous les gosses – mes cousins – s’enfuirent à ma vue en criant : « Tei ! Tei ! » (le Blanc ! le Blanc). (…) Il n’était pas question de leur en vouloir ; c’était la société dans laquelle ils vivaient qui leur avait enseigné, avec une certaine poigne, qu’il leur fallait se tenir à une distance respectueuse des Blancs…
(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)
Le miir [espace cultivé] ensemencé aujourd'hui est celui de la maison du coureur Ddoong, le voisin du chef du village. Cette maison comprend cinq personnes. Ont participé aux semailles : 38 femmes et 2 enfants, d’une part, 24 hommes et un vieux (qui n’a fait que porter des hottes de paddy), de l’autre.
(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)
En Chine, une académie impériale (…) existait à Chang’an depuis 124 avant notre ère, dotée d’une salle de conférences, de résidences universitaires et même d’une prison pour étudiants.
(Et le monde créa l’Occident. Joséphine Quinn. Seuil 2025)

… des mots encore très usités en français contemporain proviennent d’étymons vieux franciques occidentaux (…). Il a bien fallu que des locuteurs francs, présents en Gaule du nord dès la fin du IIIe siècle, (…) aient côtoyé de très près la population gallo-romaine.
(Nos ancêtres les Francs ? Patrick Ettighoffer. L’Harmattan 2025)
« Ils sont véridiques sans savoir ce qu’est la loyauté ; ils tiennent parole sans connaître la valeur de l’engagement. Ils s’entraident sans considérer qu’ils font des libéralités. C’est pourquoi leurs actes ne laissent pas de traces et pourquoi leur histoire n’est pas transmise à la postérité. »
(Oeuvre complète. Tchouang-tseu. Gallimard 1969)
Et don Alonso de Castaneda Chimalpopoca se mit à parler. Il raconta une histoire ancienne que son peuple se transmettait de génération en génération, depuis les débuts de leur migration, et qui marquait la fin d’une communauté heureuse.
(Le cinquième soleil. Camilla Townsend. Albin Michel 2023)
Il fait extrêmement chaud et lorsque nous atteignons (…) une source canalisée par un gros bambou, mes porteurs s’arrêtent, se déshabillent (…) en prenant soin de se cacher les parties de la main droite. Ces gens, dont le vêtement principal consiste en un simple cache-sexe, sont très pudiques, et leur geste, d’un grand naturel, n’a pas le caractère de pudibonderie, avec une arrière-pensée d’obscénité, que l’on rencontre chez nous.
(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)
Ainsi est-ce un caractère masculin secondaire, la barbe, qui répond à la nudité primaire des nombreuses statuettes féminines. Puissant marqueur visuel d’identité, la barbe (…) distingue, dès le premier tiers du IVe millénaire, un groupe d’individus mâles, qui devaient jouer au sein de la communauté, un rôle majeur et jouir d’un prestige certain.
(Guide de l’Egypte prédynastique. Midant-Reynes/Tristant. Institut français d’archéologie orientale 2025)

Il est clair, d’après les quelques sources disponibles, qu’avant la conquête il n’existait pas de catégorie de personnes exclusivement homosexuelles, au sens où on l’entend aujourd'hui. Cependant, des sources en langue nahuatl produites en dehors du cadre espagnol suggèrent que bon nombre d’hommes choisissaient d’avoir des relations sexuelles avec d’autres hommes, par exemple lors des cérémonies religieuses. Le Florentine Codex démontre qu’un certain nombre de rituels religieux se terminaient par des rapports sexuels.
(Le cinquième soleil. Camilla Townsend. Albin Michel 2023)

… la fréquence du phonème [f] (féline, raffiné, femme infernale, fléau, fait, fait faire) qui suggère l’impression du travail feutré, perfide, auquel se livrent les sorciers…
(Désorceler. Favret-Saada. Gallimard 2024)
… la mariée de la pluie déambule dans le village. (…) La mariée, c’est un homme vêtu avec les fripes d’une vieille. On la mène en laisse et elle s’arrête devant chaque porte, criant vers l’intérieur de la maison. Sa tête est couverte d’un sac. Elle tient à la main un bâton dissimulé, au bout duquel est attachée une corde.
(Un village anatolien. Mahmout Makal. Plon 1963)
Ni vierges ni mères, ni femmes ni hommes, les Vestales tombent entre les diverses catégories de la sexualité, et c’est ce statut interstitiel qui les marque comme autres, comme sacrées.
(Corps des dieux. SSLD Malamoud/Vernant. Gallimard 1986)
Tous le pressent de me réciter une généalogie ; devant tant d’insistance, il finit par accepter. (…) Cela ressemble à un long poème scandé de sae (« épousa ») et de ba’ (« porta, éleva, eut pour enfant »). On donne le nom d’une aïeule, on dit qui elle épousa, puis les enfants qui naquirent de cette union ; le vers suivant commence par le nom d’une de leurs filles, on rappelle le nom de son époux, puis celui de ses enfants, etc.
(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)

La majorité des gens appartenaient à la classe des macehualli, au sein de laquelle chaque homme vivait avec une seule épouse. (…) L’épouse élevait ses enfants et leur apprenait à l’aider dans les activités considérées comme essentielles. Dans un monde sans crèches, restaurants, aspirateurs ou magasins, qui aurait osé penser que la garde des enfants, la cuisine, le balayage et la confection des vêtements étaient des activités non essentielles ? Personne, semble-t-il, car les sources indigènes ne laissent aucune trace d’irrespect, ni même de misogynie voilée. Les rôles des femmes étaient complémentaires de ceux des hommes, et tout le monde l’avait compris ; car la maison, le calli à quatre murs, symbolisait l’univers.
(Le cinquième soleil. Camilla Townsend. Albin Michel 2023)
Huitzilihuitl avait le cœur empli de chagrin en voyant sa fille, dont in avait arraché les vêtements, exposée au regard de tous, et à la honte.
(Le cinquième soleil. Camilla Townsend. Albin Michel 2023)

Et voici qu’un jour de forte chaleur nous sortîmes de notre refuge, l’endroit le plus frais de la véranda, pour voir un vrai Moï entrer chez nous. (…) Un homme nu, sale et fier, parlant fort une langue inconnue, franchissait le perron. (…) Je crois que ce qui nous a tous étonnés (sauf mon père, bien sûr) chez ce montagnard a été, autant que son absence de vêtements dans un tel endroit, son attitude très désinvolte.
(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)

Le garçon va retrouver [la jeune fille] la nuit (…). Évidemment, tout se fait avec le maximum de discrétion ; mais si les parents entendent les amoureux parlementer et passer à l’action, ils ne disent rien (…). Quand une fille est enceinte, elle dénonce son séducteur (…). On s’aperçoit qu’une fille est enceinte quand ses seins se mettent à pointer et que ses cheveux « se dressent ».
(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)
… des écrivains indigènes du XVIIe siècle décrivirent les châtiments brutaux que l’Église infligea aux hommes homosexuels.
(Le cinquième soleil. Camilla Townsend. Albin Michel 2023)