On est en droit de penser que les croyances anciennes au Japon englobaient les deux visions du monde que Motoori Norinaga avait soulignées, a) une sorte de déification des forces et phénomènes de la nature, aboutissant à une vénération de la nature, et b) une attitude animistique qui reconnaît derrière tout phénomène l’existence de potentiels spirituels agissant. (…) [Des] forces génératrices résidant dans divers phénomènes de la nature, étant foncièrement cette nature, on retiendrait aussi le terme kuni-dama [esprit du sol]. Ce genre de « force » et de « principe » vital, actif, divin, anime la nature tout entière, comme l’atteste les textes : « Arbres et plantes, touts, sans exception, parlaient » (Nihongi).
(La sieste sous l’aile du cormoran. H.O. Rotermund. L’harmattan 1998)