La continuité anatomique entre la moelle épinière et le cerveau faisait de ce dernier le réservoir de cette matière [le semen] identifiée comme source de vitalité, parce que susceptible de se fondre pour se figer à nouveau dans l’utérus et former un être vivant « renouvelé ». (…) L’association du serpent [considéré comme une simple colonne vertébrale] avec la sexualité et le métal liquide, visible à l’âge du bronze, reflète ces croyances.
… le récit [biblique] annonce qu’une fois le fruit ingéré, l’homme et la femme se découvrent ‘arum (Gen 3:7). Le sens littéral est bien celui de la nudité, mais ce terme désigne également la ruse, c’est-à-dire le comportement découlant de la perception d’une réalité cachée. Ainsi, la découverte de la métallurgie conduit l’homme à quitter l’état de naïveté et d’obéissance dans lequel il était auparavant confiné (…). La suite du verset (…) décrit Adam et Eve cousant des vêtements en feuilles de figuier et se fabriquant des ceintures…
(Forgerons et héros civilisateurs. Nissim Amzallag. Les belles lettres 2025)