Les Égyptiens distinguaient « l’existant » du « non-existant », en quoi il faut comprendre ce qui est créé par rapport à ce qui ne l’est pas ou ne l’est pas encore (…) l’empire du dieu s’arrête en fait aux bornes de sa création. Celle-ci demeure entourée, et menacée, par l’élément inerte, le Noun. C’est l’encerclement de la création par l’incréé qu’on représente à partir du règne de Toutânkhamon sous forme d’un serpent qui se mord la queue (…). Isolé par le serpent se trouve le soleil, le créateur qui s’est créé lui-même à partir de sa propre création. De même, lors de son périple souterrain pendant les douze heures de la nuit, le dieu-soleil est constamment menacé par le serpent Apophis.
(Le monde par les Hiéroglyphes. Christophe Barbotin. PUF 2025)