… on retrouve les traces [de la gamme heptatonique] dans les écrits mésopotamiens du IIIe millénaire avant notre ère. (…) Il semble que cette gamme soit très ancienne , puisque l’on retrouve aussi dans les tablettes sumériennes des écrits relatifs à l’accord d’une lyre à sept cordes. Les harmoniques confèrent à la lyre des propriétés particulières, et en particulier le phénomène des vibrations par sympathie des cordes non pincées. La musique qui émane de l’instrument provient alors à la fois du jeu du musicien et de l’instrument dont les cordes s’animent par elles-mêmes. C’est probablement la raison pour laquelle la lyre était souvent considérée dans l’Antiquité comme un cadeau des dieux, voire comme une divinité à part entière.

… dans la tradition du chant polyphonique de Sardaigne, (...) [l’attention des chanteurs] « était centrée non pas sur un large spectre, mais sur une bande de fréquence beaucoup plus restreinte où soudain, comme ils le disent eux-mêmes, les voix se dédoublent pour en faire apparaître une autre : la quintina. (…) Elle naît de l’accord parfait des chanteurs (…) et leurs voix conjuguées concourent à la rendre audible. » (Bernard Lortat-Jacob) Selon Jeanmaire, le dithyrambe serait à l’origine un chœur de cinquante initiés chantant (probablement en responsa) et dansant jusqu’à possession par le dieu.

(Forgerons et héros civilisateurs. Nissim Amzallag. Les belles lettres 2025)