Ségrégation du sain et du malade, des savants et des ignorants, des bons et des méchants
L’allure serpentiforme des êtres primordiaux est généralement entendue comme l’expression d’un monde chaotique, violent et monstrueux précédant la venue de la civilisation. Cette dernière est alors censée éradiquer définitivement le chaos originel pour le remplacer par l’ordre établi. Cette affirmation fut incontestablement avancée par certains peuples (notamment les Amorrites) (…) cette démonisation du serpent fut également promue par les peuples indo-européens, dans leur phase conquérante.
… Enki (Ea) est bien le patron des artisans du sud de la Mésopotamie. (…) Mais en parallèle, ce dieu était considéré comme le maître des connaissances ésotériques, de la divination et des pouvoirs magiques. Nusku et Ningishzida, ses homologues honorés plus au nord de la Mésopotamie, étaient eux aussi regardés comme les détenteurs d’un savoir caché, dont ils révélaient les secrets à leurs adeptes, les forgerons et devins.
(Forgerons et héros civilisateurs. Nissim Amzallag. Les belles lettres 2025)