Mon grand-père avait l’habitude de compter
Sur les doigts des deux mains
Les jours qui le séparaient de son retour chez lui
Mais il n’avait pas assez de doigts
Alors il a compté avec les nuages, les oiseaux, les gens
Mais l’attente était trop longue
Trente-six ans jusqu'à sa mort
Soixante-dix ans pour nous aujourd'hui (Mosad Abu Toha)
Il se tient en silence, l'adolescent du mois de mai, derrière le mur de son village ravagé
Il tente de repousser les nakbas successives qui mordent la chair, les os
(...)
Tu es un réfugié en ton for intérieur comme au dehors
Tu es un réfugié même sur ton passeport.
(...)
Ils ont volé les pioches et les haches
Ils ont volé jusqu'à mes vêtements intimes
(...)
Toi qui sais que chaque œil de Palestine
Est un possible canon de fusil
Que toute douleur est guillotine
L'horizon est à Jaffa et Gaza se rapproche. (Fatima Mahmoud Ahmad)
(Que ma mort apporte l’espoir. Libertalia 2024)