Pour éliminer quelques « bandes » viet-cong vivant en brousse, on déplace ou on rase les villages montagnards d’alentour. (…) Pour les Mnong, ces changements équivalent à leur condamnation à mort, à leur anéantissement. Ceux qui survivront ne seront plus que des épaves échouées sur des rivages hostiles. Je sais que le monde moderne écrase sans rémission ces cultures de faible dimension qui ignorent encore la réification. (…) ce que je me refuse à admettre, c’est le véritable ethnocide dont ils sont victimes, surtout sous la forme cruelle et violente qu’ils subissent et auquel cette guerre sert de prétexte.

(L’exotique au quotidien. Georges Condamine. Plon 1965)