… le métadieu se qualifie lui-même de « ehieh asher ehieh » (littéralement je serai ce que je serai)(…). D’un côté, cette appellation évoque l’ultime stade d’autonomie qui le caractérise. Et de l’autre, elle exprime l’état d’indétermination maximal, l’indéfinissable état de potentialités d’où surgit l’acte créateur, et sur la base duquel il prend forme.
L’expression formulée à la naissance de Caïn met alors en valeur une nouvelle réalité émergeant avec la découverte de la métallurgie : un « homme-avec-YHWH », une réalité hybride transcendant la condition humaine originelle parce que désormais investie des forces de création propres au métadieu (…). Dans la Bible, l’image de l’esprit/vent du YHWH fondant en l’homme est bien la source motivant l’action des héros libérateurs tout comme des artistes, la parole des prophètes tout comme des poètes. L’enthousiasme provoqué lorsque Dionysos fond en l’homme relève de la même conception métadieu-homme, et du dépassement général de la condition humaine qu’elle promeut.
(Forgerons et héros civilisateurs. Nissim Amzallag. Les belles lettres 2025)